…DEUX MOIS (HIER) NON PLUS ;-)
novembre 26th, 2009Je reprends ce blog en main, bon pied, bon oeil, bientôt ! CU
Je reprends ce blog en main, bon pied, bon oeil, bientôt ! CU
Dans le désordre : une représentation aborigène d’Élodie et Francine à La Mécanique Ondulatoire, notre observatoire à crocos trop cool qui puait la flying fox, un jabiru qui va se faire bouffer, The East Alligator River (tout se recoupe encore), Ubirr entre deux touristes français urticants, des tortues à long cou plus belles rupestres qu’en vrai, les grouillantes Yellow Waters, The Kakadu Lodge bar, la Mer du Timor, des crocodiles et nous…
La chaleur, le retour ou Kakadu. Je vois Carolus sur cette photo ;-)
La vue de notre lastminute secret hotel de cette nuit !!!
Emmener Charlie à Mindil Beach Sunset Market pour notre dernier soir.
Ma cantine ou comment je suis devenu un Fish & Chips.
…ou ce que certains appelleront “BOUINER TEL NICOLOC” :
01. Écrire une comédie sentimentale pour Carole
02. Me décider pour lundi et mardi soir
03. Retourner à l’expo d’art compo au Parlement House
04. Essayer la piscine à vagues du Darwin Waterfront
même si les bouées sans Lérig c’est moins drôle ;-)
05. Envoyer un dernier colis par la Poste et m’énerver
06. Trouver l’inspiration pour les cadeaux
07. Ne jamais remettre à plus tard les cadeaux… Sinon 06.
08. Ecouter pour la 78e fois THE BIG MACHINE d’Émilie Simon
B.O. OFFICIELLE DE MON RETOUR ET DE MES DERNIERS JOURS !
09. Faire une dernière lessive australienne qui ne lave pas
et tout teindre en orange-ocre-terre de Sienne.
10. Prévenir mes Australiens que je pars.
11. Prendre un dernier verre avec The Scream-Scream Killer
12. Se renseigner et en apprendre plus sur Pauline Moran !
13. Demander à Matthijs et Martin de m’apporter les 6000 $
en petites coupures et dans une valise comme dans les films.
14. Finir The Raw Shark Texts
15. Vous envoyer le soleil une dernière fois de Mindil Beach ou Fannie bay
16. Encore un petit coup d’Emilie Simon :-)
17. Refaire mes bagages, et mon package KA KA DU
18. Faire une provision de savons Thursday Plantation
19. Rappeler Anne-Elisabeth - ou pas - et vous dire le contraire
20. Aller reprendre un bain d’anti-moustique au Deckchair Cinema
21. Pêcher du barramundi, une tongue ou un espadon au Wharf Precinct
22. Mettre de la lessive dans la fontaine de la Gare de Tours ;-)
23. Une dernier petit coup d’Émilie Simon !
…c’était la grand départ. Je quittais tout et partais bondir down under. J’avais imaginé une ambiance de début de film à la Billy Wilder : une course-poursuite en voiture, un cadavre dans la piscine, une blonde ligotée dans une robe en lamé vert jouant « Put the blame on Mame, boys ! » (à la guitare, au synthé ou au ukulélé), et une brune en lunettes de soleil et imper demandant à son chauffeur de taxi, consciente de jouer le rôle de sa vie, de suivre ma voiture. Mais mon commencement était beaucoup plus slow motion, voire statique. Ou pour tout dire : belge.
Les trois mousquetaires et moi étions debout devant une grille rouillée avec plein de panneaux d’interdiction aussi encourageants que des têtes de mort. Nous attendions que les types de la sécurité vérifient l’histoire à coucher dehors que je venais de leur raconter sans grand succès, en anglais comme en français. À savoir : que j’allais en Australie via Panama. En 30 ans de carrière dans ce port, ils n’avaient jamais vu ça et croyaient en une blague de pot de départ pour la retraite de celui qui avait l’oeil septique. Puis Il s’est enfin décidé à engager la conversation pour sonder mes intentions qui à cette heure ne me convainquaient plus moi-même. Je n’étais plus qu’un ventre en souffrance tiraillé par l’angoisse montante qui va avec le fait de réaliser qu’on est fait comme un rat. Sans parler de l’envie de rire de cet accent formidable. La démence me guettait, j’avais « Goûte mes frites » de Valérie Lemercier dans la tête !
Après m’avoir intercepté à Austerlitz d’où je revenais de chez mon dentiste militaire tourangeau, après m’avoir accompagné faire la bise à Aleister, Sandrine, Vincent et Audrey à Lille, après m’avoir supporté et encadré dans Anvers où je commençais à plus trop avoir envie d’y aller… La mission de Lérig, Matthieu et Nico touchait à sa fin. Mais devant ce dernier obstacle, une guérite négative, je les sentais tendus les petits gars. On avait évoqué et invoqué l’amitié et la franche camaraderie, cependant personne n’était dupe. Ils avaient veillé en gros et de près à ce que je ne m’échappe pas ou que je ne prenne pas la fuite dans un moment de panique, de foule et d’inattention. Quand les gardiens se sont décidés à lever la barrière sans grande conviction pour me laisser entrer en zone interdite, il y avait tant de conditions que mes peurs se trouvaient toutes justifiées.
J’ai dû laisser 2 des 3 cocos à la barrière. Seul Matthieu a eu le droit de m’accompagner en voiture à vitesse décoiffante de 5 km/h jusqu’au bateau. Interdiction de prendre de photos, d’éteindre le moteur, de descendre du véhicule… Moi je ne savais pas trop si j’avais le droit de parler, de me retourner et de respirer. J’ai failli demander s’il ne fallait non plus nous bander les yeux mais je n’ai rien dit. Ça n’allait tellement pas bien à ce moment là que j’entendais le deuxième mouvement de l’ouverture de l’Orfeo de Monteverdi qui est quand même mieux que “Mange tes frites Valérie !”. Je crois que je n’arrêtais pas de dire à Matthieu que 40 jours en mer ce n’était rien, qu’un an s’est vite passé, à New-York ou Philadelphie on pourrait se téléphoner. Dans le rétro je voyais Nico et Lérig rapetisser. Ça faisait drôle de se dire que quand je les reverrai ils seraient pères de famille et moi sans doute toujours en train de chercher à faire mon intéressant avec des projets pareils.
Des rangées interminables de containers se succédaient dans un désordre coloré digne d’un chantier LEGO de tous les possibles de l’enfance. Avec en plus un air de hangar à la Indiana Jones ou le temple maudit contenant toutes les affaires, meubles et effets personnels de Charles Foster Kane. Quelque chose entre Rosebud, le RDC d’IKEA avant de passer en caisse et Xanadu au générique. Puis, il est apparu. En rouge carolus flamboyant. C’était le plus grand et le plus beau de toute la zone de mouillage. Des containers volaient au-dessus de nos têtes ou pas, d’ailleurs, car nous étions dimanche midi et le temps s’était arrêté net comme un tic-tac de compte à rebours suisse ou dans 24 quand on met pause pour aller au toilettes.
J’ai dit au revoir à mon poto de toujours avec un tremolo de canari qui fume trop qui a du lui faire penser à l’Exorciste. J’ai du redire encore une fois qu’un an c’est rien, vraiment. Un sous-officier qui s’avèrera être Camelo s’est engagé sur la passerelle en me voyant descendre de voiture. Forcement, Matthieu a pris une photo :-). Apparemment, il savait qui j’étais. Ça faisait plaisir de rencontrer enfin quelqu’un qui était au courant de mon embarquement. Il a crié sur deux garçons qui n’étaient pas au bon endroit au bon moment. Ils ont du se coltiner mes bagages sur 5 étages. Pas facile après pour s’en faire des amis. Quand j’ai voulu aider un peu quand même, ça a recrié fort en philippin et j’ai compris que je n’avais pas interêt à prendre trop d’initiatives dans cette galère ou essayer de me rendre utile sur le navire. Camelo m’a dit en anglais de me contenter de le suivre en essayant de pas me cogner et de pas me salir. J’ai dit oui-oui en cachant ma main droite que j’avais déjà appuyée sur une rambarde ou un garde-fou plein de cambouis.
Entre deux bouffées de fuel et les odeurs de petrol, ça sentait bon la mer, le poisson pas frais et le chiure de mouette. Matthieu, réduit à notre voiture de location, disparaissait lentement derrière l’ultime rayonnage de parallélépipèdes rectangles “Triton”, “P&O” et “CGA CGM”. Puis tout est allé très vite : mon poids sur l’estomac s’est transformé en une excitation et un émerveillement de matin de Noël. J’étais dans Titanic, Night and day, Les derniers jours de Pompéi, Pearl Harbord, La mort aux trousses, Tous les matins du monde, Les morsures de l’aube, Bagdad Café, Les merveilleuses cités d’or, 1492, The Tudors, Paul et Virginie, Robotech, La famille Robinson, Lost, Candy, Les révoltés du Bounty, Vampyr, L’île aux enfants, Les dents de la mer, Bernard et Bianca au pays des kangourous, Un barrage contre le Pacifique, Aquaman, L’île du jour d’avant, Water world, Le tour du monde en 80 jours, Les Vacances de Monsieur Hulot, La plage, Roger Rabbit, Le Mépris, Garou-garou le passe murailles, L’éducation sentimentale, Scoubidoo contre les fantômes, Tintin en Australie, Martine dans la Marine, Snoopy dans la Navy.
Il m’a fallu signer un registre. Je me suis trompé de ligne. On a pris mon passeport :-( J’ai monté et descendu des escaliers qui se ressemblaient tous. Camelo n’arrêtait pas de me dire de faire attention deux Mississippi et demi trop tard. Alors que je pensais qu’il allait me montrer mes appartements, nous sommes arrivés au mess des officiers. Il m’a alors indiqué ma place à table. Puis m’expliqua que je n’en changerai pas à moins qu’on perde quelqu’un de plus gradé que moi en route. Les passagers étaient placés par ordre d’arrivée et n’étaient pas autorisés à échanger leur place entre eux sans en demander l’autorisation par écrit et en trois exemplaires au commandant. J’exagère un peu mais pas trop. Il souligna avec un grand sourire qui ne vous autorisait guère à faire un commentaire que personne de sensé n’avait osé jusqu’à ce jour importuner le capitaine avec ça. J’allais dire que ma place me plaisait beaucoup quand un officier russe a fait irruption pour m’informer que mes bagages étaient dans ma cabine, mais que pour l’heure il devait me montrer ma place dans le canot de sauvetage et à quelle équipe de survie j’appartenais (Pas la meilleure, comme j’allais le découvrir plus tard). Mon premier entraînement de sécurité aurait lieu samedi prochain en mer ; que ce n’était pas drôle alors je pouvais arrêter de sourire à tout ce qu’il disait ; que j’avais du cambouis sur le nez et à l’oeil droit. Il m’a ensuite souhaité la bienvenue et m’a demandé si je fumais. J’ai voulu faire mon rigolo et j’ai répondu « pas encore ». Il n’a pas relevé ou n’a pas compris mon anglais. Il m’a regardé très inquiet. Ça sentait la cannelle, le poisson-chat et le linoleum d’hôpital ou de maison de retraite. Camelo m’attendait au bout du couloir à côté d’un entassement de transats tous neufs et encore emballés. L’aventure commençait.
Bougainville, Cook et Lapérouse
Musique : 1000 vies ne sont pas suffisantes, Stephan Eicher ;-)
23 000 km plus tard, c’est l’heure de se séparer. Je lui ai trouvé un nouveau proprio en moins de six heures tellement ma campagne commerciale était géniale. Mieux que pour l’iPhone (j’ai tout appris à Apple). Les gens continuent à m’appeler et pleurent quand je leur dis que c’est fini. Il est parti ! C’est fini ! Il faut être fort ! Merci quand même à Camille et Matthieu pour m’avoir filé leur annonce de malfaiteurs professionnels, et merci aussi à Julien et Virginie pour le droit d’utilisation des photos. La preuve que fille + carrosserie = succès garanti ;-)
Vous commencez à bien me connaître. Moi, je voulais donner rendez-vous aux acheteurs sur le port entre chien et loup. Ou plutôt entre crocos et chauve-souris, ici, dans un petit matin encore brumeux. On aurait dit qu’on aurait porté des chapeaux, des imper et que Charlie aurait attendu dans un vieil hangar à avions ou à bateaux… Mais non, ça s’est fait en pleine lumière. En plein cagnard, en bord de mer et en slip de bain du sel plein les yeux. Le romanesque se perd les petits amis. En même temps on n’attrape pas des surfeurs avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman ou des films en noir et blanc des années 40.
J’ai quand même réussi à les faire signer sur le parking du Deckchair outdoor cinema ;-). Deux néerlandais. Un sympa et l’autre vraiment pas. Comme chez les flics à ce qui parait. Ils veulent faire tout ce que je n’ai pas fait en van : Darwin-Cairns-Sydney). C’est bien pour Charlie :-)
Cette vente express - du grand art, je vous l’accorde - complique un peu la logistique de l’expédition Kakadu avec Francine ! Elle ne le sait pas encore, car c’est une super surprise pour son anniversaire, mais on va y aller en vélo ;-) Elle va adorer.
Pierre Bellemare / Club Télé-achat
Niveau musique : que penser du nouveau Madonna ? ;-p