L’IMPOSSIBILITÉ D’UNE ÎLE (PART TWO)
PREVIOUSLY ON AUSTRALIGATOR.COM : Si Fraser est connue pour sa beauté cliché (plages de sable blanc, eaux turquoises et cocotiers à gogo), elle l’est davantage pour ses eaux infestées de grands requins blancs mangeurs d’hommes, de femmes, de vacanciers et d’enfants… La baignade y est donc sérieusement déconseillée. Tout comme s’aventurer dehors après la tombée de la nuit sous peine de se faire dévorer par les dingos (chien sauvage local qui bouffe du touriste depuis qu’il y a goûté et a trouvé ça drôlement bon). Mais un danger plus grand encore me guettait. Moi, innocent, j’étais super content d’être dans un petit groupe de neuf personnes pour avoir enfin l’occasion de me faire de nouveaux copains ;-) C’était sans compter sur l’aide de Francine, plus sociale que jamais.
À peine le 4×4 démarré, elle décide de nous mettre tout le monde à dos en coupant court à une conversation de backpackers enthousiastes sur les joies d’aller batifoler chez Mother Nature par un condescendant « Because I’m not a camping person ». Essayant de se racheter, elle expliquera ensuite à la punk végétarienne paniquée qu’elle adorait tuer les poules chez sa grand-mère l’été. Interrogée par notre homologue Suisse sur les problèmes dans les banlieues françaises elle sort des explications plus royalistes que le roi et à faire passer Bolloré pour L’abbé Pierre. Persuadée qu’un moustique ou un taon ne peut se rassasier en piquant une seule personne, et qu’elle sera la suivante sur son menu, elle fouette jusqu’au sangs et sans prévenir tour à tour - jusqu’au dernier - les membres de la folle équipée sauvage. Aux Castors juniors (deux canadiennes un peu trop « scouts toujours » sur les bords à mon goût aussi) préoccupées par les problèmes environnementaux elle exhibe son anti-moustique interdit à la vente et qui fait des trous plus gros qu’elle dans la couche d’ozone. Se disant qu’il faudrait peut-être qu’elle arrête de parler et d’aggraver notre cas, elle s’isole pour s’enduire de crème solaire et de l’anti-moustique sus cité. Elle manque alors d’intoxiquer tout le groupe en deux pschitts et trois coups de coude. Autant vous dire que nager avec les requins et danser avec les dingos n’est rien à côté d’éviter de se faire lyncher par tout un groupe échauffé à blanc par Francine. Et vive la France !
J’exagère un peu. Tout comme elle exagérait sa mauvaise humeur pour me faire marrer. En opérant un travail épatant sur elle (rendons à Cesar sa salade) elle réussit à focaliser toute le mauvais esprit qui l’habitait uniquement sur Cameron. Ce qui nous permis de s’ouvrir un peu mieux à nos compagnons de route. Notamment, Jonas et les Castors juniors. Evoluant dans une végétation tropicale et préhistorique, sur les rails de la visite non guidée de notre Cameronounet en pleine ligne de mire, nous franchirent incrédules les barrières électriques et les sas de sécurité anti-dingos comme si de rien n’était vraiment. Bon an, mal an, la tension variait dans une ambiance à la Jurassic Park. Bringuebalés, à moitié assommés et le derrière en compote, nous commencions à croire qu’on était là à faire du 4×4 pour faire du 4×4 quand m’apparut l’horizon de la baignade. Ce n’était pas une nouvelle saison de Koh Lanta, L’île de la tentation ou de Turbo/Auto plus… Cameron avait un plan ! Un chouette en plus : aller de lacs en lacs pour nous occuper pendant que lui dormait. Plus serveur parisien que guide australien, il nous proposait à la carte : eau salée, plate, pétillante, transportée à dos de baudet… Une fois lavés, le 4×4 et l’ambiance générale nous semblèrent moins pénible. C’est vrai que ça commençait à sentir un peu le backpacker là-dedans ! Les pistes succédaient aux pistes. Le bruit du moteur couvrait les conversations et les piques explosives de Francine. Et sans voir le temps passer, d’eucalyptus froufroutants en beautiful couchés de soleil magnifiques, nous arrivâmes au resort que je suis convaincu Spilberg a copié pour son film. Je me disais qu’à défaut de voir des kangourous, avec un peu de chance, un petit dinosaure… Mon impression se confirma quand j’eus la preuve plus tard que les blattes savaient ouvrir les portes. Le partage des lits et des chambres fut heureux. Nous nous sommes retrouvés avec Jonas, le petit Suisse en voyage d’affaire. Un type très sympa mais pas hyper bavard car sans doute indimidé par mon anglais primitif et cette manie de chantonner la chanson de Vincent Delerm que j’avais en boucle dans la tête depuis midi. Surtout aussi parce que je soupçonnais Francine de l’avoir maltraité derrière mon dos et frappé à mort pour une mouche ou autre… Je réalise maintenant qu’il m’a dit ne pas trop avoir bien dormi pendant notre cohabitation. Tu m’étonnes… Leurs lits étaient au même niveau. Il n’a pas dû fermer l’œil de la nuit de peur de se faire cogner le pauvre vieux ! En tout cas nous on l’aimait bien :-)
TO BE CONTINUED !

décembre 4th, 2008 at 13:07
Toute ressemblance avec un personnage ayant existé….