L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART ONE)

C14 : 25-10-08
BIAFINIE : 0 %
Dompéridone : 0
Nombre de bières restantes : 16
DCAP: 16.614,359 km
Anglais : Ne pas se décourager. Efforts à poursuivre. Très bon accent russo-philippin
Wall street english : un aller simple Anvers-Melbourne via Panama en cargo allemand / 4500 €
Indice toiletologique FRANCINE - ELLE - COSMOPOLITAIN : RÀS
Drugs: Lipton yellow
Réunion titres :
- L’irréparable vase de Soisson
- Cleptomanie du dimanche, bonjour !
- Ice crime dans une mer d’oisiveté bouillante 
Moralité : Bien mal acquis profite trop souvent.
Ipod mental : http://www.deezer.com/track/2454
Google maps : Port Botany / Sydney

Le bruit courrait enfin que l’arrivée à Melbourne était prévue mercredi soir. John avait eu le courage d’aller demander à Andreï, le premier officier de deux mètres de haut crâne rasé qui n’aime pas les passagers. Avant d’envoyer John au charbon, on avait bien répété la question ensemble : « Quand serait-il éventuellement possible d’envisager peut-être un hypothétique départ de la sympathique mais grelottante Sydney-les-oies ? ». Or jeudi matin au réveil, quand j’ouvris une paupière pleine d’espoir et de caca d’œil (oui parce que, mais ça fera sans doute l’objet d’un article à part entière tellement le sujet et intéressant et riche en défis pour les sciences humaines, médicales et maritimes) nous étions toujours au Patrick terminal de Port Botany, condamnés à regarder la pluie tomber. Elle était droite comme les néons de la cage lumineuse de Radiohead qui joue Hail to the thief à Bercy. Consignés et secoués au port, nous attendions donc derrière nos hublots que pluie, neige et blizzard se passent. Je tournais en rond comme un poisson en bocal sous daphnés caféinées. Comme on ne pouvait pas retourner en ville pour cause de départ imminent (départ imminent qui fut reporté toutes les cinq minutes pendant quarante-huit heures) chacun tuait le temps, ou ce qu’il pouvait, à sa manière…

John semblait avoir opté pour une préparation studieuse et dialectique de ses affaires. Comme un petit scarabée aspirant à la valise parfaite et au grand véhicule du pliage origamique des chemises, il faisait et défaisait ses bagages avec une patience d’ange premier de la classe. Il ponctuait sa quête de lessives et de rites de repassage. C’est un cliché de penser que l’oisiveté est mère de tous les vices. Pourtant, de mon côté, j’étais plutôt attiré par le côté obscur de la force. Partant du postulat présomptueux que je pouvais faire mon paquetage en deux temps trois mouvements et un coup de cuillère à pot, et que je préférais mourir d’une mort longue et atroce que d’avoir à repasser quelque chose, j’errerais comme une âme en peine dans les couloirs du bateau pour vérifier que je n’avais pas oublié de photographier un millimètre carré quelque part… Quand je ne sais plus trop pourquoi, avec l’à-propos d’un oursin ou d’une sole meunière, je me suis dit (ou est-ce mon Carolus* miniature qui me l’a soufflé du haut de mon épaule gauche) que ce serait bigrement chouette de ramener un souvenir.

TO BE CONTINUED !

* : Surnom d’une amie très proche qui a eu une période cleptomane suédoise traumatisante pour son entourage et qui a voulu, un jour, dans un bar-restaurant de Madrid, me faire voler pour son compte un distributeur de serviettes en papier plus gros que moi et le plus moche du monde.

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3 Responses to “L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART ONE)”

  1. lerig Says:

    C’est du retour vers le passé là ?!
    On va vivre ton arrivée à Melbourne c’est cool !

  2. Rosalie Says:

    Je confirme : on a du faire un bond gracieux dans le temps là! Mais ça va le coup!

  3. Miss Fish Says:

    Jajaja, moi aussi j’ai une amie qui a volé un porte-serveitte (San Miguel) également à Madrid! Elles pourront créer une association!

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