IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST
J’interromps mon récit passionnant pour vous faire un petit point sur Perth, la ville la plus isolée du monde. On ne se refait pas. Et oui donc, comment dire ? La première fois que Nicolas vit Perth il la trouva franchement laide ;-) Je ne sais plus c’est quoi la suite sur les cheveux courts ça demande des soins constants. Ou non, elle lui déplut enfin.
Je suis arrivé mardi soir et niveau comité d’accueil ce n’était pas trop ça. J’ai tout de suite cru que la ville avait été évacuée tellement il y avait personne et pas une voiture dans les rues… Je fais mon malin maintenant mais quand je suis descendu de la navette de l’aéroport, j’avais envie de demander au chauffeur si c’était bien là le centre ville et si on avait le droit d’y aller et pourquoi j’étais le seul à descendre et si personne ne voulait venir avec moi… Mais, j’ai pris mon courage à deux mains et hop j’ai sauté. Pas trop non plus car avec mon sac à dos de backpacker plus gros et plus lourd que moi c’est des coups à se tuer ou s’étrangler de trop gigoter. J’ai testé pour vous dans le hall de l’auberge où quand j’ai voulu me baisser pour récupérer mon passeport qui était tombé j’ai été emporté par la force surnaturelle du sac à dos farceur et me suis retrouvé telle une tortue à l’envers sur sa carapace. Ça fait son petit effet. J’ai eu le droit à un “Pourquoi les Français ils doivent toujours faire leurs intéressants”. Bref, tout ça pour dire qu’il y régnait une ambiance amicale de dimanche soir à Chartres.
J’ai expérimenté, toujours pour vous, être heureux comme un rat mort à Perth. C’est ça qui est bien avec un blog c’est que même quand c’est pas bien on se dit “Ça fera des choses à raconter dans mon blog”. Oui je sais je suis déprimant aujourd’hui. Donc, tout était fermé. Personne dans les rues. Pas un seul petit restau sympa d’ouvert ou avec un deuxième service. Et il n’était que 21h et des pistaches ! Je me suis alors dit (je me rends compte que je dis beaucoup que je me dis des choses, bonjour le niveau -1 de l’écriture…) qu’il devait y avoir un événement sportif hors du commun, ou une invasion d’extraterrestres quelque part, et que tout le monde était devant sa télé, dans des abris antiatomiques, sous la couette ou au stade. Ou peut-être tous cachés derrière un canapé en attendant que j’arrive et pour me sauter dessus en disant “SURPRISE!”. C’est arrivé à d’autres ;-) mais non. Je ne savais pas encore qu’il y avait une autre partie de la ville plus vivante.
Je ne me suis pas laissé démotiver pour autant et suis parti instinctivement et bien évidement dans le sens inverse du quartier qui aurait pu me rassurer, me faire un petite balade “Perth by night” bien sympa quand même. Il faisait plutôt bon et je me suis convaincu qu’une ville au bord d’un fleuve ne peut pas être complètement mauvaise. Le Lonley prévenait bien que c’était le calme plat ici, mais qu’en revanche niveau climat et cadre de vie je ne le regretterais pas.
Le lendemain matin, 9h00 : toujours pas un chat dans les rues et il pleut des cordes et il fait froid et mon auberge de jeunesse ça ne va pas du tout et mon café est à pleurer tellement il est fort. Sans rire, faire tout ce chemin pour se retrouver dans une ville de province à la Française quartier historique et gastronomique en moins merci mais non merci… Et là encore je n’avais pas encore touché le fond.
“Ah non ici on a pas trop de wifi mon bon monsieur, à la bibli peut-être mais que entre le 1er et le 2ème étage, plutôt le matin et il faut coller son ordi à la vitre est du bâtiment ouest et là ça marche un peu des fois mais ce n’est pas très rapide ! Envoyer des photos ? Vous n’y pensez pas ! Good luck mate…” C’est ça ! Toi même !
Mais le meilleur du pire du fond du fond ce fut quand même de me retrouver nez-à-nez, sur la route du musée d’art contemporain, avec mon vieil ami de toujours et son expo de “La Terre vue du ciel”. Non mais il n’y a pas à dire, elles sont jolies ses petites photos à Yann-Arthus mais on est quand même au niveau zéro du concept m… Et aimer la Terre de loin ou de haut ce n’est pas trop dur moi je trouve. Puis je veux bien tout mais ça fait un peu papier peint et à tapisser en fin de compte quand on regarde tout.
Non je ne passe pas mes nerfs comme ça gratuitement sur Yann-Arthus Bertrand parce que je pense arriver au bout du monde, à un moment capital de mon voyage et je tombe sur lui comme si on était Place des Epars à Chartres. Et non, ça n’a rien à voir avec le fait de m’être fait plaqué en trois mots sur une carte postale de sa photo du coeur de première de couverture que tout le monde a vu cent fois… Et je ne parle pas de la personne qui cette année-là a voulu m’offrir le livre pour se faire pardonner de l’impardonnable. Et vive le lapin final en imper sous la pluie au Luxembourg où sur les grilles…
Heureusement il y a toujours un deuxième effet kisscool ! Que je n’ai pas le temps de vous raconter là car la bibliothèque ferme comme tout le reste ici à 17h00 :-) Mais Perth c’est génial sinon, on s’y sent comme à Tours ! Et demain j’ai décidé d’aller dans une ville aujourd’hui je ne sais pas trop où c’est et je ne sais pas trop comment on y va encore mais en train et en bus (le vélo, j’ai échoué) et donc ça va être compliqué mais il parait que c’est bien. J’oubliais je ne sais pas trop comment ça se prononce non plus. L’aventure, l’aventure…

décembre 12th, 2008 at 16:23
Ouf! heureusement ce post fini par une note positive! Je craignais que tu sois tombé sur une ville à l’ambiance type coober peddy (Montluçon mais en ville minière perdu au milieu du désert; non que j’ai quelque chose contre Montluçon, mais c’est un peu mort quand même); si tu as l’occasion de passer par là bas (passer seulement, j’insiste, passer…).
On attend la suite
« L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART four)”
Bonnes découvertes
décembre 12th, 2008 at 22:25
De 2 choses l’une :
- ou bien Nicolas ne nous a pas encore tout raconté sur Perth
- ou alors Nicolas pratique à fond l’autoconviction sur la dernière phrase de ce billet pour se convaincre que c’est bien quand même !
décembre 23rd, 2008 at 16:23
[...] à Sydney, j’ai choisi de tester pour vous le wwoofing à Perth où, si vous me suivez bien, le premier effet kisscool n’était pas terrible terrible. Le second en revanche est à tout déchirer… [...]