L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART SIX)
PREVIOUSLY ON AUSTRALIGATOR.COM : « À quelques heures de quitter le navire… Il me fallait une preuve matérielle, un forfait totémique de mon voyage initiatique. Dernier plan sur ma main qui va s’emparer du mugg. Black out. Voix off : Je le vole, je ne le vole pas ? »
L’affaire était dans le sac. Je pense alors à tous ceux qui un jour ont placé plein de confiance en moi et j’ai le cœur un peu gros en pensant à eux… J’imagine par exemple l’équipe de l’Atelier qui si elle me lit doit se demander ce que j’ai bien pu emporter comme preuve matérielle affective de mon passage ;-) Mais le destin allait les venger et s’occuper de mon cas.
Nous arrivèrent à bon port autour de 2030… Dans l’enthousiasme de revoir Francine et David avec qui nous communiquions depuis le matin par SMS et rapports de situation du Cap Cleveland réguliers, j’en oubliais presque mon affreux forfait. Quand remontant du pont inférieur où je venais de déposer mes bagages aidé de Del et John, je croise Andreï (le premier officier de deux mètres de haut qui n’aime pas les passagers). Il me demande alors où je vais là comme ça.
La bouche en cœur je bafouille que je descends ici à Melbourne et que mes amis m’attendent à l’entrée du port pour un week-end de folie sur The Great ocean road bla bla bla bla bla bla. Affligé par mon comportement de passager attardé il me dit « Et l’immigration ? ». À moi de répondre “Oh non non, pas la peine, je les ai vu à Sydney, très sympa d’ailleurs, ils m’ont dit que c’était ok pour descendre les mains dans le nez et les doigts dans les poches à Melbourne. Ils m’ont tamponné le carton, est-ce que tu veux voir ?” Encore plus atterré par mon inexpérience et par le fait que je réponde au lieu de filer, il fait signe à deux membres de l’équipage, qui malheureusement pour eux passaient par là, de remonter mes bagages en hau illico presto.
Puis, comme à un petit enfants qui veut aller se baigner alors qu’il sort de table, il m’explique que je vais devoir attendre un petit peu et que personne ne sort d’ici sans avoir revu l’immigration… Kapitche le François ? Ok, ok, cool, je ne suis plus à une minute de plus maintenant… Qu’est-ce que quelques petites secondes de rien du tout face à six semaines en mer ? J’allais envoyer un dernier rapport à Francine et David qui devaient ne plus en pouvoir de m’attendre quand la tournure que prenaient les choses ne me dit rien qui vaille. Ce n’est pas l’immigration qui arrivait mais les douanes !!! Pas d’inquiétude, à chaque fois ils font un petit tour et puis s’en vont… Rien de grave…
Sauf que là, horreur-malheur-et-panique-totale-à-bord ils étaient en train de demander au commandant de rapatrier les bagages de toute personne voulant descendre (c’est à dire moi) pour une fouille complète. C’est à ce moment là que j’ai du avoir un comportement suspect en me tortillant de droite à gauche, rouge comme un poivron vert suant à grosses goûtes et faisant des « Oh non merci, ce n’est pas la peine, c’est vraiment très gentil à vous… Bon bah ce n’est pas le tout, moi j’ai des choses à faire, je vais vous laisser». Je n’avais pas encore fini de faire le guignol que mes bagages étaient au centre de la pièce avec au-dessus le commandant et tout l’équipage qui eux attendaient (quelle chance) pour l’immigration.
Inutile de vous dire que je me voyais déjà en prison, jugé par un tribunal maritime et donné en pâture aux requins. Mais avant toute chose je devais subir l’humiliation suprême de passer pour un v o l e u r devant tout l’équipage pour qui j’avais tant d’estime. Je réfléchissais à 1000000 km heure pour trouver un moyen de faire diversion : éteindre la lumière, enclencher la sirène d’alarme, crier Au feu, Au loup, Aline pour qu’elle revienne ! Faire une chorégraphie, un strip-tease, des claquettes, l’ornithorynque, construire une cathédrale en allumettes, tomber dans les pommes, mais Mon Dieu Non Par Pitié Faites Quelque Chose !
Mais l’œil était dans le sac et regardait Nicolas qui regardait l’immigration qui regardait Nicolas qui regardait ses pieds que regardait les douanes qui regardaient dans le sac que regardait le capitaine et tout l’équipage !
TO BE CONTINUED !

décembre 17th, 2008 at 9:29
Aaarrghhh !!! Quel suspense !!!
Bon, quelque part, ce qui nous rassure, c’est que si tu as réussi à écrire ces lignes, c’est que :
- soit tu ne t’es pas fait choper :-)
- soit ils t’ont pincé mais cela ne valait pas la prison. Des petites humiliation ou sévices corporels peut être tout de même ? ;-) Car je ne sais pas si tu suis l’actualité française, mais tu apprendras que la fouille anale est assez courante ces temps-ci… (cf. l’humeur de Stéphane Guillon http://www.dailymotion.com/video/x7l5ft_une-cl-usb-dans-le-rectum_fun )
Vivement la fin !