L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART SEVEN)

PREVIOUSLY ON AUSTRALIGATOR.COM : « L’œil était dans le sac et regardait Nicolas qui regardait l’immigration qui regardait Nicolas qui regardait ses pieds que regardait les douanes qui regardaient dans le sac que regardait le capitaine et tout l’équipage !»

Le sol se dérobait sous mes pas. J’hésitais entre tout nier en bloc de foie gras, jouer le pain surprise ou crier au coup monté de toute pièce de théâtre et de prestidigitation et hop voilà un lapin ! Un mug ! Ou bien tout avouer dans un dépouillement d’humanité tout simplement magnifique :-) La fouille n’en finissait pas et pour rendre les choses plus insupportables encore, j’avais trois bagages. Le mug était dans le dernier. J’aurais dû savourer ce moment. C’était une fouille méthodique et spectaculaire comme on en voit peu dans une vie. Mais sans chiens. Ça aurait été le pompon avec des chiens dressés à renifler des mugs volés. J’ai cru être sauvé un instant quand John qui partait le lendemain réalisa qu’il avait des cartons avec des affaires de sa fille qu’il fallait sans doute montrer aux autorités maintenant et non pas à la barrière du port les mains en l’air… Mais non, imperturbable l’officier des douanes continuait l’exploration de mon sac avec des questions plus ou moins en rapport avec le sujet. Il était focalisé sur mes côtés frutivor si j’aimais les fraises avec les kiwis et si des fois je n’avais pas des nefles et des groseilles dans mes poches. Il me demanda également si j’avais les pieds propres. Quand nous arrivèrent au moment le plus redouté, j’ai cru que le capitaine allait partir… Mais non :-( fausse alerte ! Il s’approcha de la table encore plus pour signer des papiers. Ce qui lui offrait la meilleure des places qui existe pour contempler les profondeurs de mes sacs. L’étau se refermait. J’étais moins qu’un rat moribund. Je crois que mon état nerveux intriguait les gars de l’immigration qui pour le coup commencèrent à me parler de drogues, d’alcool, de graines, de terre ou de je ne sais pas trop quoi… Là dessus, Del semblait tout ému que je parte. Il voulait qu’on se reprenne en photo ! Comme si c’était le moment… Puis tous les membres de l’équipage à qui j’avais déjà dit au revoir dix fois depuis le début de la journée, en me voyant suer à grosses goutes et manifestement nerveusement atteint semblaient vouloir me prendre dans leurs bras et qu’on se redise tous au revoir encore plein de fois (sans doute pour se moquer aussi une dernière fois de mon accent de cow boy de l’espace). C’est fou comme c’est sentimental un marin ! Mais bon j’avais autre chose à faire moi monsieur, je devais la jouer James Moriarty.

Mon gros sac bleu avait les tripes à l’air sur la table des operations. On venait d’ouvrir la fermeture éclair. J’eus droit à un commentaire de l’assistance du genre « mais c’est plein comme un œuf là-dedans ». Et le regard faussement contrit de l’immigration qui disait, « je suis désolé, mon petit bonhomme, c’est bien rangé mais je vais devoir tout foutre en l’air et il va falloir tout recommencer ». Après un retrournement à 180° et roulement de tambour sous les aisselles, l’agent commença un touché frontal que je trouvais très ambitieux. Evidement il ne put aller bien loin car j’avais bâti un mur-sarcophage high-tech de bouquins dont j’étais hyper fier. Il contourna le problème avec une palpation latérale très impressionnante mais sans meilleur résultat. Alors il m’adressa un second petit sourire hypocrite qui disait « Je vais devoir tout péter mon petit gars »…

Après avoir enlevé la première strate il remit les mains dans le cambouis avec délectation. Si l’heure n’avait pas été aussi grave je l’aurais bien aidé avec des c’est chaud, c’est froid… Sans ça, il arriva près du but. J’apercevais ma serviette de bain rouge orange IKEA dans laquelle j’avais emmitouflé mon mug qui s’il était comme je l’avais laissé se trouvait emmailloté tel le petit Jésus dans la crèche et sous le sapin pour pas qu’il casse. Et là, le voilà qu’il pousse un petit cri de dégoût ! Pas le petit Jésus ! Le type de l’immigration. Je me suis dit bah voilà, le mug l’a mordu c’est tout ce qu’il mérite, bien fait. Ou bien on est arrivé en Australie et c’est une araignée qui est rentrée dans mon sac et… Mais ce n’était pas ça. Ma serviette était encore humide, voire mouillée et apparemment, le monsieur de l’immigration n’a pas trouvé le contact très agréable.

Il me dit alors que c’était ok en regardant autour de lui pour voir s’il ne pouvait pas se laver les mains ou quelque chose comme ça. Comme si ma serviette de bain était la dernière des serpillières et comme si j’avais la galle. Il commençait à me plaire celui-là ! Mais quand il me dit que c’était fini que je pouvais remballer et que j’avais le droit à mes autocollants QUARATINE PASSED, je lui aurais bien sauté au cou. Conseil aux voleurs, trafiquants, revendeurs en tout genre : une bonne vieille serviette mouillée qui sent la mort et le tour est joué… Tout alla très très vite après, et je me souviens plus très bien mes faits et gestes… J’ai failli faire la bise à Andreï… Et je n’arrivais pas à réaliser que c’était fini. Sur le plancher des vaches, dans la voiture qui m’emmenait du Cap Cleveland à la barrière de sécurité du Port où m’attendaient Francine et David endormis dans leur voiture, l’autoradio jouait la même chanson que dans le taxi à Sydney : Lady Gaga qui à jamais me fera penser à l’Australie. Le générique de fin à la DPDH pouvait vraiment commencer avec cette musique (le mot de musique est peut-être exagéré pour ce tube de Lady Gaga. Puis s’appeler Lady Gaga il ne faut pas avoir peur non plus). Mais j’avais un tout autre air dans la tête et dans le coeur : http://www.deezer.com/track/540442 ;-)

ENFIN

P.S. : Je vous donne des nouvelles fraîches lundi ou mardi !

2 Responses to “L’IMMIGRATION SONNE TOUJOURS 2 FOIS (PART SEVEN)”

  1. lerig Says:

    C’est la photo de ton forfait ?? Mais tu ne nous avais pas dit que tu avais aussi pris une soucoupe !!!

  2. Nico Says:

    Salut le magicien!

    J’adore le style, et le suspense du récit…
    Je vois par contre que tu n’es pas resté suffisamment longtemps sur le Cap Clevland pour savoir qu’on ne parle jamais de l’animal à grandes oreilles sur un bateau, question de superstition ils bouffaient les cordages…

    Allé marin d’eau douce, on en attend plus aussi sur la vie à Perth!
    A+
    Nico

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