BOXING DAY DANS LE BUSH

Comme je vous le disais dans l’avant-dernier post, le programme des festivités de Noël était au petits oignons confits :

24 : Réveillon à la française chez Jan avec Virginie et Julien. Petits plats dans les grands et verres à vin en cristal les plus kitschs de l’Univers (il faut que je les prenne en photo car si je commence une description vous n’allez pas me croire). Au menu : asperges, dinde, salade aux poires et aux noix, et un gâteau au chocolat et aux marrons à se damner…

25 : Petit-déj-brunch sur la plage manqué* et buffet écossais-australien chez Mike et Amanda et leurs chiens (mais ça s’est bien passé), les doigts de pieds frétillants dans l’eau de la piscine gonflable. Comme c’était aussi mon anniv, j’ai été pourri gâté : le best-seller de Jan dédicacé, des cours de surf (pour ne plus être un biscuit pour requin, nom donné ici aux débutants), un beer cooler et The Aussie Homesick Pack qui contenait un badge échidné, la recette du Pavlova, un tatouage koala, du thé australien, de la Vegemite, un drapeau australien, une allumette je ne sais toujours pas pourquoi et une feuille d’eucalyptus.

26 : Boxing day chez Oral, un aborigène que Virginie a rencontré dans le cadre de ses recherches pour sa thèse. Ce n’est malheureusement pas tout à fait encore CHEZ Oral car si l’Etat australien fait de gros progrès et aide les aborigènes à se « ré-approprier » des terres avec des partenariats comme un de ceux auquel participe Oral, il ne leur permet pas de posséder complètement leur ferme et les terres dont ont été dépossédées leurs ancêtres sous un tas de conditions (il faudra que je vous parle du racisme tout à fait particulier dont les aborigènes font l’épreuve ici une autre fois). Il leur confère un rôle de régisseur-locataire sous tutelle à statut évolutif. Ce week-end dans cette propriété entre York et Manduring, où Oral replante des arbres natifs et tente de recréer du vrai bush, restera sans aucun doute l’un des souvenirs les plus forts de mon année au club kangourous qui, j’ai encore l’impression, commence à peine (ça faisait deux mois tout rond M. Roncier ;-) à Noël). En plus de la chance d’avoir à contempler des paysages de rêve ocres et infinis, d’avoir enfin vu ce que vous pensez bien que j’ai enfin vu, d’avoir fait du quad (mon expérience à Mario kart ne m’a pas trop servi) dans le soleil couchant pour aller pêcher des yabbies (sortes d’écrevisses) et cueillir les meilleures figues du monde, ce fut un bonheur de faire la connaissance d’Oral qui est quelqu’un de captivant …et très lucide sur la cause aborigène. Nous nous sommes retrouvés en haut d’un sommet pour le crépuscule a parler paganisme, écologie, colonialisme et recettes de cuisines.

Je rentre de ce week-end avec la ferme résolution de mettre les bouchées doubles en anglais. Si je commence à  bien comprendre tout ce qu’on me dit (sauf en mécanique, plomberie et changement de vitesses de quad) j’ai encore pas mal de difficultés à me faire comprendre ailleurs qu’au restaurant et dans les magasins (ce que je craignais fortement est arrivé : je parle un anglais consumériste et international de backpacker). C’est du gâchis quand on rencontre quelqu’un comme Oral. Le pauvre avait souvent les sourcils en accent circonflexe inversé quand je lui parlais. Il a eu un peur quand je lui ai raconté que j’étais venu ici via Panama, en mouton (Sheep-Ship, un classique de shark biscuit).

27 : Ma première nuit à la belle étoile… Camping avec Julien et Virginie quelque part je ne sais pas trop où sur la route du retour après York. Pas trop de mauvaises rencontres animales à part les petites araignées aux yeux qui brillent dans le noir mais ça ce n’était rien à côté de l’énorme mygale que Virginie avait sur l’épaule le 26 au matin… Je prenais mon petit déj tranquillou et je vois une araignée avec un corps énorme sur l’épaule gauche de Virginie qui semblait ne pas s’en rendre compte du tout. Ma première réaction, tellement la bête était énorme, horrible et immobile, fut de croire que Virginie me faisait la blague de l’araignée en plastique… Mais le monstre commença à se déplacer lentement vers son cou… Après un petit raclement de gorge et m’efforçant de prendre le ton le plus calme et rassurant possible (ne sachant pas du tout comment elles allaient toutes deux réagir), très cordialement comme pour engager la discussion je demandai à Virginie si elle aimait les araignées épouvantables noires grosses et velues, et s’il était normal qu’elle se promène avec l’une d’elles sur l’épaule… le reste n’est que cris (le mien, celui de Virginie, celui de l’animal). Ça fait encore biiip dans ma tête quand j’y pense ! Non, ce n’est pas vrai. Je trouve que Virginie a fait preuve d’un sang froid absolu. Elle a même pris des photos après…

Pour le 31, normalement, on part une semaine en Albany ! Je ne suis pas certain de poster quelque chose avant mon départ. En revanche comme c’est la période des best of de fin d’année je vais essayer de rediffuser et programmer “Le jour où j’ai été malade” et “Le jour où l’esprit de Noël a encore frappé” qui vous ont fait rire ça ce que j’ai cru comprendre.

Toutes les photos du we sont .

Musique ? Ce soir c’est plutôt The Park, Feist.
Ou Snowball in negative, TDC (pas de lien, Deezer rame à mort…).
Taste is playing in my house avec cette chanson de Dido !

* : Merry Christams on the beach

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