I THINK I’M GOING TO VOMIT (PART TWO)
PREVIOUSLY ON AUSTRALIGATOR.COM : « …Quand j’ai entendu que le haut-parleur grésillait quelque chose dans le couloir, je me suis alors précipité hors de ma cabine et je n’ai eu que le temps de capter « quiet windy », « tomorrow morning » and « no go on deck quelque chose ». Je me suis dit ok no problemo encore une petite perturbation… So what ? I crossed the Atlantic ocean man ! »
Vers 0400 un bruit d’assiettes jetées contre les murs me réveille en sursaut. Je n’ai pas le temps d’ouvrir tous mes yeux que je suis violement projeté moi aussi contre le mur. C’est là que la soupe de veau bouilli de la veille (spécialité de notre cuisinier Stephan) commence a gargouiller dangereusement, de manière volcanique pas très catholique, dans un endroit de mon corps trop haut pour ne pas s’inquiéter gravement. La suite ne fut qu’une succession d’erreurs fatales.
1. Se lever
Impossible de tenir debout continuellement attiré, aspiré ou propulsé dans la direction opposée à celle que je voulais prendre. J’échoue finalement sur le canapé qui, bizarrement, me semble bien vide contrairement au souvenir que j’en avais. Mais le problème n’est pas là. Il me faudra environ dix bonnes longues et interminables minutes pour atteindre la salle de bain, à pourtant un mètre seulement de mon lit. Le lendemain (car contre toute attente j’ai survécu), je n’étais plus qu’un hématome géant.
2. Allumer la lumière
Toujours accroché à mon canapé vide, comme un bulot à son rocher, je me souvins m’être dit la veille que ce serait drôlement bien de ranger un peu mes affaires pour qu’on puisse s’asseoir ici… Je tends la main jusqu’à mon bureau qui – ça devenait vraiment inquiétant – était tout aussi désert… La lampe, l’ordi, les bouquins avaient disparu. Tout d’un coup un bruit sourd résonna dans tout le rafiot – si nous avions percuté un iceberg comme dans un film bien connu de tous je pense que ça n’aurait pas fait beaucoup plus de bruit - et je suis projeté à l’autre bout de ma cabine (il faut dire aussi qu’elle n’est pas hyper hyper grande non plus) dans une cacophonie d’objets tombant et se brisant dans les cabines voisines. Une fois l’interrupteur retrouvé… Je ne pus étouffer qu’un cri d’effroi : « GRAND DIEU J’AI ÉTÉ CAMBRILOLÉ ! ». J’ai fait un bon de 10 m devant l’horreur du spectacle, absolument toutes mes affaires étaient par terre. Les tiroirs et l’armoire vidés. Les tableaux africains décrochés ou en passe de l’être.
3. Déblayer et commencer à ranger
L’idée la plus débile que j’ai eue fut certainement de vouloir commencer à ranger. Sisiph ou les danaïdes ne s’y seraient pas pris autrement. Dès que je posais quelque chose sur la table ou le canapé ça retombait aussitôt. J’ai bien couru cinq bonnes minutes après mon sac qui entamait sans faire attention à moi et avec un bruit de planche à roulettes rouillées son troisième kilomètre de longueurs de cabine. Cependant, à tout malheur quelque chose est bon. J’ai retrouvé mon adaptateur que je cherchais depuis le début du voyage et mon t-shirt Scout spirit que je pensais avoir laissé à Chartres. Je passe le moment où j’ai failli trouver la mort, assommé par les 984 pages du guide Australie de Lonely Planet et une demi douzaine de folio contondants.
TO BE CONTINUED
