L’APPEL DU JARRAH
Jan is back et elle est subjuguée par notre talent de charpentiers-menuisiers de wwoof, et moi je suis prêt pour la comédie musicale de l’année : Nicolas et le decking enchanteur. La question qui se posait, si vous suivez un peu, était : est-ce que je m’envole vers d’autres chantiers et terrasses en bois (et d’autres wwoofings plus sauvages, genre un wwoofing avec des bêêêtes… pire un wwoofing à moutons) ou est-ce que je reste encore quelques temps ici, à Swanbourne les doigts de pieds, ses vieilles dames qui prennent le thé sous les cocotiers, son Choux-café et son requin… Mais si je reste… QUOI FAIRE ?
Bon il y avait bien gardien d’île dans le Queensland, mais le Queensland j’ai déjà fait, alors… Puis pas de panique tout le monde (merci pour vos mails), il y a encore 37 jours pour postuler ! Sans parler que ce n’est pas pour une prise de fonction avant juin ou juillet… 19:30, j’ai le temps ! C’est Carolus qui m’avait envoyé l’article du Monde sur le wwoofing. Et là c’est Alex (son époux) qui m’envoie l’article de 20 Minutes sur les îles Hamilton (info relayée de près et confirmée avec brio par la truculente Reine du barreau, Caro). Outre le fait qu’ils devraient monter leur agence de recrutement, je vois un signe évident de réussite pour cette candidature, qui, cerise sur le cake aux olives demande de faire une vidéo. Décidément, trop facile ;-) Mais bon, est-ce que j’ai envie d’argent facile :-) et d’être définitivement seul au monde sur une île déserte (quoi que je pense que si je postule et décroche le job, quelque chose me dit que mon nombre d’amis va exploser) ?
N O N ! Je dis non !!! L’appel du Jarrah est plus fort et plus noble et plus puissant que moi.
Je rempile donc chez Jan pour l’édification d’une marche tout à fait spectaculaire (Nom de code : La Marche de l’empereur) permettant un accès plus facile à notre Timber creation depuis le côté jardin comme au théâtre même si là je vous fais plutôt mon grand cinéma. Jardin qu’il faut continuer à entretenir. Et avec lequel j’entretiens des rapports passionnés qui, ces derniers temps, se compliquent.
Non content d’avoir désorienté un arbre le premier jour, sauvé d’une mort certaine pour une mort prochaine des bébés bambous abandonnés qui me prennent pour leur père maintenant quand je passe devant leur pot, rempoté pendant une heure la plante morte à côté de celle qu’il fallait vraiment rempoter et qui maintenant est au purgatoire des dicotylédones ou proteaceaes, et remis dans le droit chemin un ibiscus suicidaire qui résistait toute racine dehors à son nouveau pot tout beau tout propre ; je me suis attaqué hier à la jungle impénétrable des lauriers sauce grand veneur dans la partie tête au carré des affreux pigeons anthropophages de Jan… J’adore jardiner pour de vrai, mais par-dessus tout ce que je préfère c’est couper-tailler-élaguer. Le problème c’est que je suis un grand malade du sécateur, un drogué du coupe-coupe et un intoxiqué du taille-haies. Je ressens aussitôt que j’ai un de ces instruments dans la main une irrépressible envie de tout fractionner (heureusement que je ne suis pas chirurgien) et ne peux jamais m’arrêter à temps. Ça n’a pas manqué. Nous avons été obligé de faire notre rôti de kangourou à la cheminée pour faire disparaître par le feu les preuves et pièces à conviction de mon enthousiamse jardinesque ravageur. Il fallait éliminer par les flammes tout le bois détaillé avant que Jan ne rentre et s’en rende compte. Je vais dire que ce doit être encore un coup des koalas ;-)
Donc oui, niveau jardinage, ça jardine. Et ensuite, après la marche impériale, il y aura le wagon à aménager et à repeindre à grands frais. Et le petit plaisir secret de Julien : la reconstruction d’un pigeonnier parfumé de crottes aviaires comme il aime tant. Je rigole, je rigole, mais il y a un corbeau hier soir à King’s park (qui brûle en ce moment d’ailleurs) qui ne m’a pas loupé. J’étais au téléphone avec Francine qui vient me voir le week-end de la fête nationale (cool, cool, cool) quand… Mais c’est une autre histoire.
Ah si ! Je ne sais pas si ça vous fait ça aussi mais quand j’apprends un nouveau mot, je le rencontre partout pendant une petite période. Vous allez croire que c’est une obsession ce decking mais je suis dans ma période Jarrah là. Je suis en train de lire Eucalyptus dans le texte… et je tombe sur ce passage qui parle de mon decking :
« Take Jarrah (E. marginata). Is there anyone not baffled by Jarrah – its hardness, its degree of difficulty ? There is civil disobedience in its nature. Still, it should be admitted material difficulties can deepen the beauty of timber. The impulse is always to pick up and admire a piece of Jarrah – stroke it like a cat. Is it possible to say a piece of timber is « proud » ? Unlike those that split at the slightest blow : that is, the skinny shivering pine, the spineless acacia ? Jarrah had quite a name for endurance under the ground and under water. Streets were paved with it in Mediterranean sydney and Marvellous Melbourne, the wood long outlasting the men who cut it into lenghts, not to mention the loyal floorboards in ballrooms and grand hotels. (…) Away from Western Australia few people would know a Jarrah tree, even if they bumped into one. »
« Prenez le jarrah. Existe-t-il quelqu’un qui ne soit pas déconcerté par le jarrah – sa dureté, son niveau de difficulté ? Il y a de la désobéissance civique dans sa nature. Cela dit, il faut reconnaître que les difficultés matérielles peuvent accentuer la beauté de l’essence. On a toujours envie d’attraper un bout de jarrah et de l’admirer – de le caresser comme un chat. Peut-on dire qu’un bout de bois est « fier » ? Tout le contraire de ceux qui se fendent au moindre coup, comme le pin fluet et frissonnant ou l’acacia sans piquant ? Le jarrah était très réputé pour sa résistance sous terre et dans l’eau. Il avait pavé les rues de Sydney la méditerranéenne et de Melbourne la merveilleuse – cette essence survivant de beaucoup les hommes qui la détaillent -, sans parler de fidèles planchers des salles de bal et des grands hôtels. (…) Sortis de l’Australie-Occidentale, peu de gens reconnaîtraient un jarrah, même s’ils en percutaient un. »
Je vous laisse méditer, j’ai body-boogie-surf !
Tschüss,
Jarraby

janvier 16th, 2009 at 14:55
Chouette, c’est reparti pour de nouvelles aventures avec tes 2 amis sur place, en voilà une bonne nouvelle ! :-))