SNORKELING DANS MES CARNETS (PART TWO)
J’ai retrouvé un truc qui peut peut-être vous plaire : du suspense, un décors de rêve, de l’action, une innocente victime et Camille (ma cueilleuse de pommes préférée) en maillot de bain ;-)
Exmouth, le 10-03-09
(…) Les derniers kilomètres sont les plus difficiles. Malgré l’heure tardive et la nuit bientôt tombante, à l’extérieur comme à l’intérieur de Charlie, la température ne semble pas vouloir descendre d’un degré. Le soleil, énorme, est au niveau des yeux du conducteur. Et entre deux ou trois bases militaires ça kangouroute dans tous les sens. Pause top up au Caltex d’Exmouth et c’est reparti aussi sec pour Ningaloo NP. Là-bas nous avons plus ou moins rendez-vous avec Camille et Matthieu. Les 60 ultimes bornes sont truffées d’amis bondissants suicidaires qui se jètent dans une fréquence de 30 m par groupes de trois ou cinq sous les roues de mon camper van. Je dirais bien qu’on en a évité bien 50 ou 60… Cyril dit 15 mais je crois qu’il a complètement disjoncté (trop de kangourous est mauvais pour la vue et l’objectivité). On dira donc 75 selon les manifestants. 20 selon les autorités.
20h00 : Arrivée à Lakeside. Trois minutes après la fin du coucher de soleil. Camille et Matthieu sont là à nous attendre sans nous attendre sur le meilleur emplacement qui soit. Le seul de tout le parc national (qui fait bien 100 km de long) avec un arbre ! Ils ont l’air plutôt heureux de nous voir, c’est cool. Comme pour un goûter d’anniversaire ils avaient placé une pancarte « Nicolas, c’est par-là » sous le panneau de bifurcations des campings. Mais un ranger ou une bête l’aura sans doute enlevé avant que j’y passe. Courges et pâtes à ce qui paraît ;-)
Lakeside, le 11-03-09
Réveil en sueurs comme si j’étais dans la chaudière de l’enfer et il n’est que 6 heures du mat. Hier soir j’ai eu la fainéantise de ne pas planter la tente. Cette nuit c’est décidé je fais van à part. À moins que je squatte le hamac…
Premier snorkeling très mouvementé dans des eaux pourtant calmes, chaudes, turquoises et paradisiaques à souhait. Je ne sais pas trop où donner de la tête tellement il y a plein de choses incroyables et colorées à voir partout. Dans mon excitation agitatoire de débutant pas très à l’aise avec son nouvel équipement, j’étais plutôt en mode survie qu’en mode contemplation de l’inconcevable fait poissons. Ne m’étant pas rasé depuis deux lunes, mon masque jaune fluo qui se repère à 30 milles marins (à ce qui paraît les requins n’aiment pas le jaune. C’est le marchant de masques et tuba qui m’a dit ça quand il m’a vendu les miens, seul coloris restant dans cette taille) n’adhérait pas. C’est donc les yeux plein d’eau salée, sablée, qui pique ; mes palmes trop petites qui m’entaillent les doigts de pieds et me garrottent les chevilles, que j’arrive plus mal an que bon an auprès de la bouée où tout le monde est à s’extasier. je suis empêtré comme un canard en pleine crise d’épilepsie et battement non coordonnés un jour d’ouverture de la chasse aux anatinae en Sologne. Camille, Matthieu, Cyril sont là à batifoler et entre les « Tu as vu la raie ! », « J’ai vu trois tortues », « le corail en tulipes ? », « les poissons caméléons », « Némo ! », je n’ai pas le temps de demander de l’aide (je me noie – fin stupide – dans mon propre masque) que tous sont déjà repartis vers les bas-fonds. Je prends sur moi ;-) et j’arrive après quelques efforts surhumains à décoller enfin mes yeux de mon google sans arracher mes globes oculaires de leurs orbites. Quand une grosse vague de derrière le récif me fait tomber mon tuba dans les profondeurs. Je n’ai pas le temps alors de penser « ça ne pourrait pas être pire » que Camille pédalant soudain à mort et moulinant à toute allure vers moi me hurle « Aux requins ! »
Après un retour à la plage et quelques réglages qui s’imposaient, je retente une exploration en bord de rivage pour reprendre confiance en moi et en mon matos. Et là, je peux rien écrire qui soit à la hauteur de mon ravissement. Le soir, sous la couette, dans ma tente (le hamac était occupé quand j’ai voulu aller me coucher), je voyais encore tout plein de petits poissons partout et mes pieds étaient palmés.
Lakeside, le 12-03-09
Today it’s Cyril’s day. Comme le grand garçon a 27 ans, je me suis dit que ce serait bien quand même de marquer le coup et d’aller acheter à Exmouth quelques victuailles fraîches et une bonne bouteille de shiraz. (…)
MUSIQUE : DJ Zebra, Alcooliquement votre !
