BONS BAISERS DE COOBER PEDY
Ce n’était rien de le dire. Les choses sérieuses ont bel et bien commencé. C’est extatique que je vous donne des nouvelles en direct de Coober Pedy la lunaire car j’ai cru ne jamais pouvoir y arriver vivant. La première nuit sur la Stuart HWY s’est bien passée si on fait abstraction d’un chauffer de Road Train fou venu me réveiller à pas d’heure (21h30) parce qu’il avait perdu son chien. Enfin je crois que c’était son chien. Au début je croyais que c’était un enfant mais comme il est parti sans je pense que c’était plutôt un chien. Enfin, j’espère… Je trouve que j’ai été très convainquant à montrer que je faisais tout mon possible pour le retrouver aussi alors que je ne savais pas exactement ce qu’on cherchait. Mais ça avait un nom alors… Hager, Egger ou Lager. Passons !
Le lendemain pas de chien à l’horizon mais des émeus kamikazes qui ont essayé de me doubler dans une côte. Après Woomera, c’était trop fort, il y avait une maman émeu qui faisait traverser ses petits. On m’avait raconté seulement et je n’y croyais pas complètement. Le temps de retrouver mon appareil photo que toute la petite famille était déjà loin… C’est quelques kilomètres plus tard qu’un kangourou m’a foncé dedans… Il est sorti de je ne sais trop où et comme pour donner un coup d’épaule ou enfoncer ma portière. La portière n’a rien mais lui était au sol. J’osais pas trop sortir car j’avais peur de tomber sur un kangourou comédien - bandit des grands chemins. Je me suis dit que quand j’allais sortir, dix autres aller me tomber dessus. J’ai donc taillé la route avec le coeur qui battait toujours à tout rompre 50 km plus loin.
Il ne faut pas que j’oublie le principal : la route est sublime et ressemble beaucoup par certains aspects à celle du cargo. En un peu plus minérale par moment. Le bleu fait place au rouge. Et j’ai essuyé ma première tempête la nuit dernière (d’où le bonheur de vous retrouver aujourd’hui) et elle n’était pas moins effrayante et violente que celle que j’ai traversée entre Philadelphia et Savannah. J’étais assez fier de l’endroit que j’avais trouvé pour passer la nuit. iI n’y avait pas trop de charognards. On entendait plein d’insectes amoureux. Pas trop d’herbes avec plein de bêtes dedans. Et le ciel clignotait en tout sens tellement il y avait d’orages ou de feux d’artifice du 15 août tout autour. C’était magnifique. Jusqu’au moment où une bande d’abrutis en 4X4 et Falcon croyant qu’ailleurs Mad Max était encore à la mode vienne faire la fête (boire, vomir et tirer des coups de fusil autour d’un feu) juste à côté de moi. En m’ignorant. Je suis donc rentré dans mon van et comme il faisait déjà nuit depuis trois ou quatre heures je me suis couché avec Monique Canto-Sperber sur les oreilles dans une émission sur l’héorïsation du mal et de la violence au cinéma pour me défouler. ;-)
Je me suis réveillé en plein cauchemar et dans un remake horriblement mal joué des “Cosmocats” où une pyramide - repère d’une momie démoniaque me poursuivant - s’effondrait sur moi. Pendant ce temps, rien de plus normal, des kangourous Olmèques gravissaient les parois extérieures du monument à toute vitesse. La réalité n’était pas moins effrayante : nous étions maintenant au coeur des orages, dans l’oeil du cyclone et en pleine tempête de sable. Le vent soufflait tellement que son bruit rendait sourd. J’avais l’impression que le van était par moment sur deux roues tellement nous étions baladés et secoués. Dehors, c’était comme un tableau de Turner sans lumière. Mes voisins hurlaient toujours. Mais plus par terreur que pour le plaisir de faire du bruit. Un a manqué de se faire trépaner par le couvercle de la poubelle de la rest area. Si je n’avais pas été comme le petit cochon dans la maison en paille j’aurais pu me dire que c’était bien fait. Mais je n’ai pas eu le temps d’être méchant que le buisson d’à côté s’est enflammé. Mes nouveaux amis n’avaient pas pensé bon éteindre leur feu avant de se mettre à l’abri. Les braises s’envolaient incendier toute l’Australie. Pays inflammable si l’en est. J’ai voulu jouer les super héros et sortir éteindre le malheureux buisson ardent qui n’avait pas la carrure pour le rôle. Mais j’ai failli me prendre le reste de la poubelle, son contenu, un arbre, un pneu et moins dangereux mais tout aussi convainquant, un carton à pizza. J’attendais la vache et je vous chantais “Over the rainbow”…
De retour sous la couette j’ai senti toute la poussière du désert se déverser sur ma tête. Le vent hurlait à tout rompre… Puis j’ai dû sans doute m’évanouir d’épouvante avec de la terre ocre plein la bouche, les yeux, le nez et les oreilles. La fin du monde ferait moins peur.
Ce n’est pas le tout j’ai Coober Pedy à finir de visiter et de l’opale à trouver moi les petits gars ! C’est fou quand même ces gens qui vivent dans des terriers… Suis un peu déçu par cette ville qui il est vrai est improbable et martienne comme aucune autre. Mais je ne sais pas, je pensais que ce serait plus… Comment dire ?
Fraggel Rock ?
Gobo

août 17th, 2009 at 19:53
Z’arb un peu Coober Peddy… On avait voulu aller au Pub le soir histoire de voir un peu le folklore local… quand on a croisé les deux premiers Gus sur la route, on a fait demi tour en courrant! des vrais têtes de Dalton!
août 23rd, 2009 at 7:57
Coucou Nico ! Alors Pau ??? Sinon oui effectivement Coober Peddy… J’ai tenté le pub en milieu d’aprem et j’étais tout seul comme un goana mort… Quand quelqu’un arrivait j’avais un peu l’impression de déranger alors je ne me suis pas éternisé non plus. Il y avait plus d’animation dans “l’église”. Les têtes de Dalton, c’est bien résumé :-) Mais je ne savais pas que tu avais fait la Stuart HWY !!! Moi je me suis arrêté au Qld ;-p
janvier 5th, 2012 at 9:11
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