ULURU
Touriste détestant les touristes, j’avais décidé de ne pas aimer mon coucher de soleil sur le gros caillou et de jouer les gros blasés aigris et ronchons d’être dans la gueule du loup. Les bouchons pour entrer et sortir du resort, le parking blindé, l’interdiction d’aller où l’on veut, l’ambiance de foire un 14 juillet, les cars à oreilles de lapin, le temps couvert, le ciel voilé, le vent glacé et ce pain congelé Woolworth qu’on m’avait vendu 10 $ m’encourageaient que trop bien à faire les grands échalas désagréables et je n’avais pas mon Cyril sur qui passer mes nerfs ;-). J’ai beau eu faire tout ce que je pouvais pour résister à ce rendez-vous cliché, billet téléphoné, lieu commun couru d’avance dans mon blog et dans mon périple, le rayonnement envoûtant et magnétique du monolithe, ou la variation de sa réfraction quand le soleil met son pyjama, m’a laissé sur les fesses. Alors que je suis arrivé sur le site « sunset car » (à ne pas confondre avec « sunset bus » et « sunrise car » bande d’innocents ; mais si vous vous trompez pas de panique on vous remet dans le droit chemin du sens de la visite au milieu du troupeau bêlant de bonheur) détestant l’espèce humaine et la terre entière, je suis cependant rentré zen et réconcilié avec mon prochain (même s’il est capable de vendre du pain de mie congelé premier prix à 10 $), l’Australie et moi-même. C’était beau de voir tous ces gens de nationalités différentes se photographier, discuter, boire ensemble sans se connaître (on aurait presque dit un apéro du jeudi en louchant un peu) et être ému enfin. Tout ça seulement grâce à une formation rocheuse au milieu de nulle part ou un peu de soleil sur de la pierre. Je sais, il n’y a pas plus convivial et fédérateur qu’une raclette ou qu’une pierrade préhistorique ;-)
Seeya,
Joël Bauduret
