Archive for the ‘PENDANT CE TEMPS AU CLUB KANGOUROUS…’ Category

BONS BAISERS DE COOBER PEDY

Dimanche, août 16th, 2009

Ce n’était rien de le dire. Les choses sérieuses ont bel et bien commencé. C’est extatique que je vous donne des nouvelles en direct de Coober Pedy la lunaire car j’ai cru ne jamais pouvoir y arriver vivant. La première nuit sur la Stuart HWY s’est bien passée si on fait abstraction d’un chauffer de Road Train fou venu me réveiller à pas d’heure (21h30) parce qu’il avait perdu son chien. Enfin je crois que c’était son chien. Au début je croyais que c’était un enfant mais comme il est parti sans je pense que c’était plutôt un chien. Enfin, j’espère… Je trouve que j’ai été très convainquant à montrer que je faisais tout mon possible pour le retrouver aussi alors que je ne savais pas exactement ce qu’on cherchait. Mais ça avait un nom alors… Hager, Egger ou Lager. Passons !

Le lendemain pas de chien à l’horizon mais des émeus kamikazes qui ont essayé de me doubler dans une côte. Après Woomera, c’était trop fort, il y avait une maman émeu qui faisait traverser ses petits. On m’avait raconté seulement et je n’y croyais pas complètement. Le temps de retrouver mon appareil photo que toute la petite famille était déjà loin… C’est quelques kilomètres plus tard qu’un kangourou m’a foncé dedans… Il est sorti de je ne sais trop où et comme pour donner un coup d’épaule ou enfoncer ma portière. La portière n’a rien mais lui était au sol. J’osais pas trop sortir car j’avais peur de tomber sur un kangourou comédien - bandit des grands chemins. Je me suis dit que quand j’allais sortir, dix autres aller me tomber dessus. J’ai donc taillé la route avec le coeur qui battait toujours à tout rompre 50 km plus loin.

Il ne faut pas que j’oublie le principal : la route est sublime et ressemble beaucoup par certains aspects à celle du cargo. En un peu plus minérale par moment. Le bleu fait place au rouge. Et j’ai essuyé ma première tempête la nuit dernière (d’où le bonheur de vous retrouver aujourd’hui) et elle n’était pas moins effrayante et violente que celle que j’ai traversée entre Philadelphia et Savannah. J’étais assez fier de l’endroit que j’avais trouvé pour passer la nuit. iI n’y avait pas trop de charognards. On entendait plein d’insectes amoureux. Pas trop d’herbes avec plein de bêtes dedans. Et le ciel clignotait en tout sens tellement il y avait d’orages ou de feux d’artifice du 15 août tout autour. C’était magnifique. Jusqu’au moment où une bande d’abrutis en 4X4 et Falcon croyant qu’ailleurs Mad Max était encore à la mode vienne faire la fête (boire, vomir et tirer des coups de fusil autour d’un feu) juste à côté de moi. En m’ignorant. Je suis donc rentré dans mon van et comme il faisait déjà nuit depuis trois ou quatre heures je me suis couché avec Monique Canto-Sperber sur les oreilles dans une émission sur l’héorïsation du mal et de la violence au cinéma pour me défouler. ;-)

Je me suis réveillé en plein cauchemar et dans un remake horriblement mal joué des “Cosmocats” où une pyramide - repère d’une momie démoniaque me poursuivant - s’effondrait sur moi. Pendant ce temps, rien de plus normal, des kangourous Olmèques gravissaient les parois extérieures du monument à toute vitesse. La réalité n’était pas moins effrayante : nous étions maintenant au coeur des orages, dans l’oeil du cyclone et en pleine tempête de sable. Le vent soufflait tellement que son bruit rendait sourd. J’avais l’impression que le van était par moment sur deux roues tellement nous étions baladés et secoués. Dehors, c’était comme un tableau de Turner sans lumière. Mes voisins hurlaient toujours. Mais plus par terreur que pour le plaisir de faire du bruit. Un a manqué de se faire trépaner par le couvercle de la poubelle de la rest area. Si je n’avais pas été comme le petit cochon dans la maison en paille j’aurais pu me dire que c’était bien fait. Mais je n’ai pas eu le temps d’être méchant que le buisson d’à côté s’est enflammé. Mes nouveaux amis n’avaient pas pensé bon éteindre leur feu avant de se mettre à l’abri. Les braises s’envolaient incendier toute l’Australie. Pays inflammable si l’en est. J’ai voulu jouer les super héros et sortir éteindre le malheureux buisson ardent qui n’avait pas la carrure pour le rôle. Mais j’ai failli me prendre le reste de la poubelle, son contenu, un arbre, un pneu et moins dangereux mais tout aussi convainquant, un carton à pizza. J’attendais la vache et je vous chantais “Over the rainbow”…

De retour sous la couette j’ai senti toute la poussière du désert se déverser sur ma tête. Le vent hurlait à tout rompre… Puis j’ai dû sans doute m’évanouir d’épouvante avec de la terre ocre plein la bouche, les yeux, le nez et les oreilles. La fin du monde ferait moins peur.

Ce n’est pas le tout j’ai Coober Pedy à finir de visiter et de l’opale à trouver moi les petits gars ! C’est fou quand même ces gens qui vivent dans des terriers… Suis un peu déçu par cette ville qui il est vrai est improbable et martienne comme aucune autre. Mais je ne sais pas, je pensais que ce serait plus… Comment dire ?

Fraggel Rock ?

Gobo

LES CHOSES SÉRIEUSES PEUVENT COMMENCER

Vendredi, août 14th, 2009

Port Augusta en August c’est très très bien. C’est l’été en plein hiver sans prévenir ! J’ai retrouvé mon bon vieux coup de soleil permanent qui me barre le visage et me donne cet air d’elk-calf-caribou de Noël inspiré avec nez rouge chantonnant et clignotant selon l’heure du moment - douloureux quand on y touche. Mais un elk-calf-caribou en tongs s’il vous plaît ! Et je peux aussi et enfin rechausser mes lunettes de rock star en liberté tant décriées… Car contrairement aux Australiens qui mettent des Ray-Ban tout le temps (même à l’intérieur, l’hiver et la nuit),  j’aime bien voir dans quoi je me cogne et accessoirement, la route quand je conduis.

Après une semaine de pluie vitrifiante et pénétrante (c’est nouveau : Charlie fuit), ce n’est pas rien de commencer un post par un point météo heureux. Ça doit vous faire de belles jambes à vous qui êtes en été pour de vrai. On ne peut pas non plus avoir une grenouille pourrie dans sa vie toutes les semaines ;-). Bref, Port Augusta est vraiment un endroit sublime, au croisement de la mer, du bush, du désert et des Flinders Ranges où j’ai dormi tel hibernatus la nuit dernière dans un endroit incroyable mais je n’ai pas le temps de vous raconter (décidément de plus en plus passionnant ce blog). Les nuits sont comme qui dirait, plutôt fraîches ou vivifiantes (c’est selon et ça fait circuler le sang). Aussi, j’ai eu l’idée folle de louer un vélo avant-hier pour faire le Riesling trail de bout en bout et mon intéressant. Je ne suis plus qu’une crampe aujourd’hui.

Je disais donc que toutes les routes importantes d’Australie se croisent ici. Une fois n’est pas coutume, on a l’impression d’être enfin quelque part. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas la foule pour autant. Je pensais qu’il serait facile de ce faire de nouveaux compagnons en chemin. Que des coéquipiers comme par exemple Camille et Matthieu :-p ça se trouvait n’importe où… Et bah non ! Je commence à croire qu’ils étaient uniques !!! Depuis que j’ai quitté Melboune, pas un chat… Le loueur de vélo de torture m’a confirmé que le backpaker à déjà migré au nord depuis belle lurette en cette saison, et que j’ai l’air d’un moineau perdu ou d’un cigogneau anticonformiste, sinon retardataire (définitivement plus retardataire qu’anticonformiste quant il m’a vu mettre mes bateaux pour faire du vélo) à faire le touriste.

Ce billet part dans tous les sens. Je voulais seulement vous dire que tout allait toujours bien pour moi. Que l’aventure est terrible. Le temps de faire une petite balade sur le port pour voir si les méduses clignotantes de la dernière fois avec Cyril sont toujours là, une lessive de chaussettes propres pour la nuit prochaine, aller sur internet (j’y suis) et faire deux, trois courses, le plein d’eau (80L) et hop je prends la route des grands, celle de l’outback des tarzans. Ça fait bizarre de se dire que les choses sérieuses commencent vraiment les petits gars !

Autrement, The Great Ocean Road, Adelaide et the Clare Valley c’était génial. Pluvieux, mais chouette comme tout. La deuxième fois, on voit plein de trucs qu’on ne voit pas la première. J’ai vu mes premiers koalas en liberté !!! (moyennement sympa comme bête) et des baleines très loin (enfin je crois que c’était une baleine). Je vais essayer de vous mettre quelques photos en ligne mais je ne suis pas trop certain de pouvoir car en plus des horaires compliqués, ils ont changé les conditions d’accès à ce que voit sur la pancarte devant moi. 30 Mo per day ! C’est quoi ce travail ? Comment peut-on avoir un blog de pro dans ces conditions d’amateurs ! Quand on sait que j’étais à 1 Go quotidien chez Francine et David… En faisant attention :-) Puisque c’est comme ça ! Je me casse…

Seeya

William Christie Gosse

P.-S. Photo non contractuelle : The Great Ocean Road (Apollo Bay, je crois)

THE FROG

Jeudi, août 13th, 2009

C’est quand on part que tout se précipite toujours et que le rocambolesque rapplique au galop. Je passe Charlie qui ne sait plus quoi inventer pour faire son intéressant et mes aventures à la Poste de Kensignton la tête au carré qui pourraient remplir un blog quotidien passionnant pendant un an et demi, pour vous raconter les malheurs contrebandiers de Davy Croquette (alias, Dave, David, Le David de Francine…).

Depuis son retour du pays des 1000 fromages, il y avait comme une odeur alternative de rat-kangourou trépassé non pasteurisée quand on arrivait à Rankins Street. Après s’être soupçonnés mutuellement et à tour de rôle pendant quelques jours nous sommes tombés d’accord, Francine, David et moi, pour dire que ce petit parfum aigre doux d’opossum faisandé provenait du périmètre bien défini et mal délimité par le terme « entrée ». Et non pas de ma chambre, vers laquelle certains ont tout d’abord regardé avec insistance sans trop oser me poser la question de ce que je pouvais bien y faire pourrir pour que ça sente comme ça. Mais revenons à notre entrée où étaient entreposées à peu près les affaires de tout le monde et personne.

Dimanche soir, en rentrant du zoo où j’avais pu comparer notre effluve domestique à celles de toutes les cages de tous les animaux du monde, sans compter les délicieuses émanations enveloppantes des aquariums et autres vivariums bouillonnants, l’entrée avait été nettoyée comme jamais. Malheureusement l’espace privé des hyènes sentait toujours dix fois meilleur. L’odeur était toujours là à nous chatouiller le nez, l’imagination, le moral et surtout les nerfs.

Je ne sais plus trop pourquoi ou comment l’idée est venue à David de ranger son parapente. Qui il est vrai ne prenait pas de place là en plein milieu du passage depuis une semaine :-). Quand il est revenu nous voir. Il avait l’air pas bien du tout et blême comme jamais. Sur le ton d’un scout perdu en pleine nuit dans les bois avec sa patrouille et qui s’aperçoit qu’un troisième membre à disparu alors qu’il était il y a encore trois minutes derrière lui, il nous a annoncé qu’il avait l’impression d’être suivi … par l’odeur.

Nos regards ont convergé. L’ancien emplacement du parapente clignotait tellement on le regardait. La question était de savoir qui aurait le courage d’approcher son nez de ce qu’on présumait être l’épicentre de notre pollution insistante qui n’avait plus rien de l’hallucination collective des débuts. David, dont c’était tout de même le parapente, se sacrifia et faillit alors s’étouffer sur place à se tordre d’horreur et de douleurs tellement l’odeur était infâme, puissante et provenait bien de là où elle provenait. Tout le monde y est allé alors de son petit commentaire sur les origines du mal. Les hypothèses les plus sobres allaient de l’humidité du massif central repliée sur elle-même avec la toile, aux poubelles d’un bloc opératoire, en passant par le cas classique de la décomposition d’au moins 10 000 rats morts-vivants désemparés. Encore une fois nous étions en dessous de la réalité. David a fait un bon de trois mètres en arrière quand il a réalisé qu’il y avait bel et bien quelque chose de mort dans son parapente.

Comme vous pouvez le voir sur la vidéo, c’était seulement une grenouille. Comment une aussi petite bête pouvait puer autant ? Mais le dégoût a vite fait place à la joie d’avoir découvert le moyen de ramener la prochaine fois notre propre poids en charcuteries, fromages et foies de volailles. On a emballé trois fois la dépouille du batracien voyageur 100% origine française non contrôlée, et hop aux ordures sans trop se poser de questions. United colors of Benetton, tu parles ! Car c’est là que l’histoire commence !

Le lendemain matin, David reçoit un petit texto rigolo disant en gros « Hey David, peux tu m’appeler dès que possible pour qu’on puisse récupérer ta grenouille ». Détail important : Le texto était signé en toute simplicité « La Quarantaine ». Oh non, non, ce n’était pas une blague de Stewie et Ned qui avaient dîné avec nous la veille. C’était bien la Quarantaine, la vraie, la même que celle du port, à qui un membre du club de parapente de David, jaloux sans doute des heures de vols européens de ce dernier, l’avait salement vendu.

Une unité spéciale d’intervention se préparait à encercler l’appartement pour récupérer coûte que coûte le body bag et son contenu. Mais en fin de compte, un agent négociateur est venu chercher le bébé au boulot de David pour qui j’ai eu le bonheur non dissimulé de faire de la spéléologie dans les poubelles de l’immeuble. Exercice tout à fait fascinant qui mériterait un long développement, mais là, je n’ai plus trop le temps… Pour conclure, disons vite que Francine me disait qu’ils avaient reçu un rapport qui disait que l’animal n’avait plus rien à dire. Le pauvre n’a pas pu être identifié en raison de son état trop avancé de décomposition. Affaire classée. Mais sale affaire. Même s’il y a, à mon avis, quand même du panache à naître têtard dans le Massif Central, monter à Paris en voiture de location tel le plus grand des espions, prendre un air 380 caché dans un parapente, et finir terroriste en Australie. Un nouveau Ned Kelly ?

Seeya La compagnie ;-)

Musique : Thomas Fersen, Chocolat

LE GRAND ROUGE AVEC DES CHAUSSETTES VERTES

Mercredi, août 5th, 2009

Ne reste plus qu’à prendre de la laine pour me tricoter un bon gros bonnet pour les nuits qu’on annonce à 2°C dans le désert et à Alice (pas besoin de chaussettes, j’en ai piqué à David), programmer quelques billets photogéniques sur FROGator ;-), et charger mon van tout beau tout neuf tout réparé… Et c’est reparti pour la grande aventure ! Aujourd’hui et pendant trois gros jours environ : Great Ocean Road (je sais j’ai déjà fait mais quand on aime). Arrivée ce week-end à Adelaide. Début de semaine à Port Augusta (photo ci-dessus). Et ensuite : “À moi l’outback, le grand rouge, Uluru et kakadOU :-) !” Et dans un mois ou deux, plutôt deux :  D A R W I N - P A R I S :-( Niveau son : Souchon ? La Compagnie

See you

Nico on the road again !

J’AI OUBLIÉ LE MEILLEUR !

Lundi, août 3rd, 2009

… à l’exposition Pompeii qui était très bien, il y avait des urnes crématoires. Juste après mon chien philosophique, c’est ce que j’ai préféré ;-)

UN DIMANCHE AU ZOO DE MELBOURNE

Lundi, août 3rd, 2009

Aprem de folie au zoo de Melbourne où j’ai enfin pu voir des platypus de près et autrement que comme un vague remou dans une mare à 300 m ;-). J’ai pu également faire la liste de tout ce par quoi j’allais pouvoir me faire dévorer, empoisonner ou sucer le sang jusqu’à la moelle à Darwin et Kakadou…

Un vrai régal ! Alors que toutes les bêtes importées des autres continents roupillaient paisiblement, les prédateurs australiens faisaient des bons de 10 m, se bouffaient entre eux ou se projetaient contre la vitre pour essayer sortir… Le truc le plus sympa de tout ce qui m’attend là-bas est un python à tête noire qui mesure trois mètres de long :-)

Autrement, je voulais ramener un capucin à Capucine mais je me suis fait choper à la sortie à cause de l’éléphant que je voulais ramener à Francine et David… Et sinon, si vous ne savez pas encore si vous êtes zoo ou pas zoo je vous conseille de lire ceci si ce n’est pas déjà fait !

See ya,

Steven Irwin

LE PLUS GROS ABCÈS DE TOUT L’HÉMISPHÈRE SUD

Dimanche, août 2nd, 2009

De retour tout juste de Pompeii où j’ai vu le chien de mon livre d’histoire de 5e (apostasie philosophique n° 3 après le carrelage de ma salle de CP et la route de Cormenon) je me suis rappelé que j’avais un blog. Alors what’s up Nico ? Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque grand virage de ma petite existence qui est plutôt pépère les mois en r, j’ai souvent rendez-vous chez le dentiste.

Toujours la même dent ! Je vais vous épargner un historique détaillé de ma vie dentaire et buccale. Ce qu’il faut retenir c’est que quand la 16 se réveille c’est qu’il y a du changement dans l’air. Un peu comme à Pompeii un 25 août de l’an 79 après Jean-Christophe ! Dans des éruptions plus stromboliennes que pliniennes, la 16 s’était faite entendre quand je m’étais installé à Paris et dernièrement, il y a un an, le jour de mon départ pour Anvers dont l’organisation s’était compliquée par un détour par Tours chez le seul arracheur de dent au monde en qui j’ai presque confiance. Un dentiste génial, véritable moulin à parole, qui, sans doute trop habitué à ce que ses patients ne soient pas très bavards quand il a ses deux mains dans leur gorge, ne les écoutent pas quand ils peuvent encore parler avant de s’allonger face à la lampe d’interrogatoire qui est là plus pour rappeler la torture que pour vous faire dire quelque chose (d’ailleurs ici c’est trop drôle ils te filent des Ray-Ban, tu vas à l’abattoire comme à la plage). Donc, oui, quand je lui ai dit que je partais dans une heure pour Paris, de Paris j’allais à Lille, de Lille j’allais à Anvers, de Anvers, j’allais à Philadelphia, de Philadelphia j’allais à Savannah… Bref, que j’allais en Australie par le chemin le plus court. Il ne m’a pas écouté et voilà qu’il a failli me faire une attaque quand une fois debout le lui ai demandé “Mais, dites-moi, ces fils là que vous m’avez mis ils vont tomber tous seuls ? Oui parce que vous comprenez déjà que sur mon cargo il n’y a pas de médecin, alors un dentiste…” Bref, il ne faut pas croire que quand j’étais en France je n’avais pas déjà une vie palpitante pleine de suspense bondissant ;-) Tout ça pour dire que la 16 se manifeste quand il ne faut pas.

Là, à Melbourne (mercredi dernier 19h38), j’étais sur le point de partir, ou tout comme à deux trois jours près, pour mon expédition Kakadou-les crocodiles quand soudain j’ai senti comme des petits picots au niveau de la 16… Je n’ai pas eu la trouille tout de suite : pas de problème elle me dit que ça sent la fin de mon voyage en Australie que la direction de Darwin c’est celle de Paris, plus que deux, trois mois… Je le sais, ok la 16 tu peux te recoucher ! La dent de la sagesse a parlé, merci beaucoup, à la prochaine. Car par pitié, après le van, pas le dentiste !!! Ça n’a pas loupé.

Ce soir là en me couchant ça allait. Il n’y avait qu’un tout petit bouton de rien du tout qui fait pas mal. Mais j’ai trop mal dormi en rêvant qu’il m’étouffait petit à petit tellement il grossissait. Et le lendemain matin, il avait au moins triplé de volume. Grosse panique verte de sueur froide qui poisse à mort dans le dos : j’ai appelé le dentiste de David aussitôt, mais il ne pouvait pas me prendre avant vendredi. Donc j’ai pris. Mais après avoir raccroché j’ai psychoté et me suis dit que si ça continuait à gonfler au même rythme, pour le coup j’allais étouffer pour de vrai. Et à force de voir si ça faisait mal quand j’y touchais avec ma langue bah maintenant ça faisait vraiment mal !!! Donc j’ai cherché un autre dentiste…

Sur internet, à Kensington, il n’y avait personne d’autre que la charcutière chinoise sadique de Francine… J’ai téléphone à un dispensaire mais on m’a demandé plein de trucs et si je voulais un interprète. Ça ma vexé. Bref, j’ai dit oui quand même pour un rendez-vous en soirée la mort dans l’âme et surtout dans le bouche en haut à gauche au n°16. Entre temps, j’avais encore plus mal. Je ne pouvais définitivement pas attendre ce soir, alors j’ai laissé un message sur un répondeur au hasard (que ce serait un répondeur de particulier ça ne m’étonnerait pas). La peur de voir mon abcès exploser, un peu comme Le Vésuve avec des lunettes 3D au Muséum d’histoire naturelle de Melbourne en somme, me faisait faire n’importe quoi.

En fin de compte j’ai appelé la petite chinoise de Francine pour voir si elle ne pouvait pas me prendre tout de suite. Elle pouvait. Moi aussi. Ça tombait bien. Et maintenant que j’avais des rendez-vous dans toute la ville je n’avais plus mal du tout. Il n’y a pas à dire, ça vous occupe une année sabbatique un petit abcès de derrière les fagots. Je suis devenu un pro en prise australienne de rendez-vous… Lesson two : annuler ses rendez-vous, et tenir au courant minute par minute Francine par mail (et à Carole un rapport détaillé que je reprends ici) de comment la situation évoluait et si j’allais échapper à un transfère à l’hopital psychiatrique le plus proche avant la fin de la journée ! Toute cette histoire m’a rendu d’humeur philosophique et anthropologique. J’ai découvert que raconter n’importe quoi par mail et là sur ce blog me calmait et que c’était sans doute pour ça que “les gens sont cons” (phrase consacrée) car la connerie est thérapeutique !!!

En conclusion, je suis pas encore parti. Suis toujours à Melbourne. Puisque la 16 a parlé, mon voyage jusqu’à Darwin risque d’être classé “ATTENTION RALENTIR VIRAGE EXCEPTIONNEL”. J’ai survécu a là roulette de la charcutière chinoise sadique de Francine mais moins au ridicule : elle n’avait pas de lunettes de soleil pour hommes.

Grand départ programmé mardi matin !
Sainte Apolline aux tenailles prierez pour nous !

Denys

Musique, Maestro !

L’ANECDOTE SPEAKING

Mercredi, juillet 22nd, 2009

Rien ne va plus aujourd’hui au club kangourous. Je reviens à l’instant de chez le garagiste (très sympa d’ailleurs au demeurant, très compatissant comme il faut, celui-là même qui m’a demandé si j’étais finlandais : je ne suis pas rancunier) où j’avais pris rendez-vous pour Charlie afin de pouvoir partir dans la paix mécanique nécessaire au bon déroulement de l’opération Kakadou. La paix mécanique ou la tranquillité sereine de l’esprit qui a bonne conscience, c’était sans compter sur une fuite dans le circuit de refroidissement, une roue qui se désintègre et dit m… à l’autre, la courroie de distribution qui fait la moue, les pneus arrières qui sont lisses comme des skis, les amortisseurs qui ne sont plus que des idées d’amortisseurs tellement ils sont usés, et plein d’autres trucs horribles en anglais… Tout mon budget Kakadou va y passer ! Vu comment c’est parti, ça va se terminer dans les Grampians mon histoire de crocodiles. J’ai bien pensé à revendre mon camper van pour pouvoir faire Melbourne-Darwin en camper van mais il y a comme un problème de raisonnement… Pourquoi je n’écoutais pas pendant les cours de logique et recopiais les versions de latin de mon voisin à la place ? Ou alors à vélo sinon… On en a vu plein sur la Nullarbor si je me souviens bien.

Le pompon c’est que - ça n’a pas loupé - l’agence d’intérim m’a appelé pour un boulot à Petaouchnock cet aprem ! Sans voiture ce n’était pas possible. Agrrr !!! Je vous passe le moment où j’ai voulu rentrer et ai réalisé dans le reflet de la porte du hall de l’immeuble que j’avais laissé tout mon trousseau de clefs entier au garagiste. Reagrrr. Sur le chemin il a plu comme jamais il a plu en Australie. Quelle journée de m… Dans la vie il y a les jours où tu vas à Karidjini et ceux où tu vas chez le dentiste et le garagiste !

La douche chaude du retour et RATATAT (heureusement qu’il y a DPDH2 aussi) ne m’aidant pas à me détendre, je me suis dit que ça pourrait me faire du bien de me défouler sur mon blog…

Voilà c’est fait !

Ne me reste plus qu’à rentrer en France si mon montage financier de la dernière chance ne passe pas. Mais là encore, il y a des jours où même l’optique du retour sent l’impasse (d’où la photo du jour d’aujourd’hui, je sais, je sais, quel blog subtil et quelles mise en scène recherchée ;-)). Qu’est-ce que je disais ? Oui ! Le retour en France ça sent la croquette : depuis quelques jours j’ai les mots du dernier billet de Vivin qui me trottent dans la tête (merci à Ségolène de me les avoir envoyés par mail pour bien enfoncer le clou ;-) mais après elle a dit que j’étais malin alors ça va… Très joli billet de Vinvin, qu’on ne présente plus, au passage !). Bref, oui, où en étais-je donc de mes lamentations empiriques ? Je cite :

“Ne nous y trompons pas : les gens vivent très bien sans vous, avant, pendant et après votre voyage. Votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, un sujet de conversation peut-être, et parfois un moyen d’évaluer la profondeur du manque. Ou pas. L’éloignement est une aventure pour celui qui part. Pour celui qui reste, c’est une mise en parenthèses.”

Votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences, votre vie lointaine est une anecdote dans la complexité de leurs existences…

Par pitié, dites moi que je ne suis pas qu’une anecdote ! ;-)

Seeya,

Yoichiro Okazaki

PS: Je vois que ça se bouscule en dessous pour les candidatures !!! Plus que 3 jours :-p

RECHERCHE COEQUIPIER DESESPEREMENT !

Lundi, juillet 20th, 2009

Je croyais en tenir un, un bon en plus, et hop voilà qu’il m’échappe le petit filou ! Oui, alors pour ceux qui sont un peu perdus dans le bush de mon voyage d’un an très loin (c’est un concept comme un autre) voici un petit récapitulatif de mes aventures bondissantes (pour ceux qui n’aiment pas les longs billets interminables qui tournent en rond, rdv 5 paragraphes plus loin) :

Si je me souviens bien, j’ai quitté la Belgique le 15 septembre 2008 à bord du Cap Cleveland, petit cargo sympa qui passait juste comme je voulais par Panama et faisait une pause-sandwich à Melbourne. Là-bas j’ai retrouvé mes potos de toujours, Francine et David pour un squat cyclothymique avec excursions à Eaglemont, dans le Queensland et à travers le Victoria avant qu’il brûle. Squat de transition et de réacclimatation à la vie normale d’environ un mois, un mois et demi, si je ne me trompe pas trop. Mais qui comme tout ce voyage est passé hyper vite pour moi ;-).

Début décembre, je me suis envolé un peu au hasard pour Perth, intrigué quand même sur ce que j’avais pu lire sur le Western Australia en général. C’était aussi dans le but proclamé de croiser enfin des kangourous autrement qu’écrasés au bord de la route. Là, gros coup de foudre pour cette Côte Ouest que j’aurai en fin de comptes longée de bout en bout 4 fois ! D’environ 2000 km la longueur (c’est autre chose que la piscine de Tours), il me fallait un fidèle destrier. Qu’à cela ne tienne, je vous ai alors présenté Hello Charlie ! Je vous passe le wwoofing, le snorkeling, le 25 décembre à la plage, les rando de la mort, les terrific visites de Francine, le débarquement de Greg et Matthieu, les 10 000 rencontres dans un anglais surréaliste, les croûtes à la bibliothèques ;-), mes débuts de surfeur sans peur et sans reproches, les soirées crêpes ou “The castle”, le meilleur boxing day du monde, Ranger-Backpaker, les belotes, la red back, le partage des patates douces, les expéditions kangourous ou la pêche miraculeuse…

Mais trop de bonheur tue le bonheur, et l’hiver arrivant, je me suis senti l’âme d’un chercheur d’or : j’eus alors envie d’une traversée du désert dans tous les sens avec Cyril et les skimpies. Le retour à Melbourne s’est fait dans le désordre par, Esperance, Port Augusta, Kargoolie et la Nullarbor. Après avoir échappé à la mort et joué les ermites éclairés dans les Flinders Ranges, j’ai retrouvé Francine et David, amis carnassiers avec barbecue géant, dans leur nouvelle vie de cyclistes à Melbourne et dans leur nouvel appart tout neuf à Kensington square palace.

Et alors là, Poughkeepsie ;-), je devais travailler pour reremplir les caisses résonantes et repartir plein aux as, mais le marché de l’emploi australien et moi ne nous sommes pas tout à fait super bien compris. Encore une histoire de petits et de grands ensembles à coup sûr… Ça ne m’a pas empêché de jardiner au foie de volailles à Flinders et d’enseigner Baudelaire en Anglais à une petite chinoise qui apprenait le Français mais comprennait mieux quand je lui parlais du spleen et de ce ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle en Allemand (das Deckel) ;-) Vous avez dit mondialisation ?

Bref, le temps passant et la date de validité de mon visa (définitivement plus vacances que travail) arrivant, l’appel de la route se refait entendre. Je repars bientôt et donc oui, tout ça pour dire, je cherche un(e) coéquipier(e) tout feu tout flamme, pour pécher à Torquay, regarder les étoiles à Apollo Bay, compter les apôtres à Princetown, méditer à Descartes Bay (sans blague), se ressourcer à Mont Gambier, bondir à Kangaroo Island, se laver et écrire à Adèle à Adelaide,  dire adieu à la civilisation à Port Augusta, vivre en troglodyte à Coober Pedy, faire les fous à Uluru, et ainsi de suite à Kings Canyon, Alice Spring, Mc Donnell Ranges, Devil’s Marbles, Daly Waters, Kakadou, Darwin. En gros, partager une expérience unique, mon empreinte écologique, les patates douces ;-) et the gas ;-p

Le trip : Melbourne-Darwin en un mois ou deux (je peux m’adapter à votre calendrier). Nom de code : K A K A D O U. L’idée derrière la tête : vendre Charlie à Darwin pour pouvoir m’acheter un billet retour ;-). Je ne sais pas encore trop comment… Avion, bateau, pousse-pousse… Mais plus trop en train comme j’en avais beaucoup rêvé et trop parlé…

Oui, parce que j’attends Carolus, Michel, Solène, JB et d’être meilleur en Chinois-Russe pour la Sibérie !

En attendant si vous êtes intéressés pour vous tailler de bas en haut et avec MOAAA la part la plus rouge, la plus authentique et la plus palpitante de l’Australie merci de m’envoyer par mail, ou par commentaire, cv et lettre de motivation à l’attention de Monsieur Australigator. Quelques notions en mécanique mitsubishienne, de survie dans un environnement hostile ou rempli de bêtes sauvages et de crocodiles, ainsi qu’au moins une participation valide au trip canoë annuel constitueraient un sérieux avantage ;-) Date limite des candidatures : 25/07/09 !

Matthieu, Greg, Cyril, Francine, Julien, Virginie, Roland, Camille et Matthieu sont les bienvenus pour témoigner combien c’est génial de voyager en campervan avec moaaa ! :-) Inutile de leur dire qu’il y a bien évidemment un modérateur de commentaires :-D

See you,

P. Fogg

PS : Sur la première photo c’est Cyril. Voyez comme il a l’air heureux comme tout de voyager avec moi. / PPS : je m’en fous, si personne ne veut venir et que je me fais dévorer seul comme un Musky-Rat-Kangaroo mort par un crocodile bien vivant, vous aurez tous ma fin darwinienne sur la conscience ! / PPPS : Si personne ne répond, il ne faudra pas venir pleurer non plus si on me retrouve trucidé en mille ou pire comme dans Wolf Creek et en plein désert par un backpaker tueur fou trop gentiment psychopathe que j’aurais récupéré sur gumtree.com.au ! C’est ça que vous voulez ! ;-) / PPPPS : Non mais tout seul c’est bien aussi… Dans l’iPod et entre les oreilles en ce moment : Voxtrot, Voxtrot et Pierre et le Loup ;-p Mon moment préféré c’est décidément l’arrivée du canard ! PAUPIETTE !

LA CONSTANCE DU JARDINIER

Dimanche, juin 28th, 2009

Ce n’est pas encore cette semaine que je vais reprendre ce blog en mains. Je retourne avec joie à Flinders (photo ci-dessus) m’occuper de mes rhododendrons. Pour ne pas oublier, et pour faire un peu de teasing, j’ai établi une liste carolustique de tout ce dont il faut que je vous parle à mon retour : 1/ MON SPONSOR AMPHIPODIQUE dont le petit nom savant (le saviez-vous Lérig et Ségo ?) est orchestia agilis ;-), 2/LA MISE EN PLACE DU RECRUTEMENT D’UN NOUVEAU COÉQUIPIER POUR MON TRIP “CROCODILES” (nom de code : kakadou, départ : fin juillet-début août), 3/ La suite du récit des Flinders Rangers (j’ai failli oublier de vous raconter le kangourou blanc), 4/ LA REMISE À PLUS TARD DE LA SIBÉRIE (on va attendre JB et profiter de cette attente pour perfectionner mon Russe et mon Chinois) 5/ Les photos du Perth-Melbourne, 5/ Toute la vérité sur William Réjault, Kennedy et moi ;-) 6/ “Rentrer comme je suis arrivé, en cargo ?” Grand débat politique, romantique, et scandale financier ! 7/Mes amis ont du talent suite… Bref, je suis désespéré, ce blog est tout sauf un blog, ce n’est qu’un avant-programme perpétuel, qu’une idée de blog :-) À dans une semaine normalement… See you !