ATTENTION PANNEAU !
août 21st, 2009Parmi les nombreuses choses qui vont me manquer quand je serai rentré en France, la signalisation routière australienne est en bonne position. C’est une telle poésie que nos panneaux français vont me paraître bien palots. Pourquoi faire dans l’utilitaire et le pragmatique quand on peut faire dans le jaune fantaisiste et le grand guignol réfléchissant ? Et Je vous passe le jeu « Devine quel animal je suis ? » et les signs « Attention kangourou » qu’on placera de préférence dans une zone touristique sans kangourous que dans une zone à kangourous sans touristes !
Hier, je franchissais la frontière entre le South Australia et le Northern Territory quand, alors qu’il n’y a qu’une route et qu’on peut difficilement arriver ici sans faire 1000 km, je suis tombé sur un panneau « Merci de rouler à gauche, en Australie on roule à gauche ». Après réflexion, peut-être s’adresse-t-on aux extraterrestres qui atterrissent dans le désert. Je ne vois pas pour l’instant d’autres solutions ;-) Des poètes, je vous dis…
Seeya,
Nicolas qui a hâte d’être à Wycliffe Well ;-)
FLINDERS STREET STATION
août 20th, 2009TO CLIMB OR NOT TO CLIMB LE GROS CAILLOU ?
août 20th, 2009Ce n’est pas l’envie qui me manque d’escalader Uluru mais il est vrai que si un aborigène venait grimper sur l’autel de Notre-Dame de Chartres ça me plairait moyennement. Même si, petit, j’aurais bien aimé que quelqu’un fasse ce genre de grimpette tellement je m’ennuyais le dimanche matin et autres à la messe. Non et puis pour être venu ici en campervan, je sais qu’il n’y a rien à voir d’en haut à au moins 500 km à la ronde… Ce qui est intéressant c’est de voir le caillou de loin et changer de couleur en un clin d’oeil à l’horizon… Et rien que pour le plaisir de donner une leçon philosophique en trois parties sur le sacré au malheureux innocent qui me demandera si je suis monté sur Uluru je ne vais pas y aller ;-p. Il faut savoir hiérarchiser, programmer et anticiper ses plaisirs. J’ai oublié de dire que l’accès au sommet était interdit hier, l’est aujourd’hui et le sera sans doute demain à cause d’un petit vent frais, vent du matin, vent qui chante…
Seeya,
Alain Robert
St Kilda Rd - Swanston St
août 19th, 2009ULURU
août 19th, 2009
Touriste détestant les touristes, j’avais décidé de ne pas aimer mon coucher de soleil sur le gros caillou et de jouer les gros blasés aigris et ronchons d’être dans la gueule du loup. Les bouchons pour entrer et sortir du resort, le parking blindé, l’interdiction d’aller où l’on veut, l’ambiance de foire un 14 juillet, les cars à oreilles de lapin, le temps couvert, le ciel voilé, le vent glacé et ce pain congelé Woolworth qu’on m’avait vendu 10 $ m’encourageaient que trop bien à faire les grands échalas désagréables et je n’avais pas mon Cyril sur qui passer mes nerfs ;-). J’ai beau eu faire tout ce que je pouvais pour résister à ce rendez-vous cliché, billet téléphoné, lieu commun couru d’avance dans mon blog et dans mon périple, le rayonnement envoûtant et magnétique du monolithe, ou la variation de sa réfraction quand le soleil met son pyjama, m’a laissé sur les fesses. Alors que je suis arrivé sur le site « sunset car » (à ne pas confondre avec « sunset bus » et « sunrise car » bande d’innocents ; mais si vous vous trompez pas de panique on vous remet dans le droit chemin du sens de la visite au milieu du troupeau bêlant de bonheur) détestant l’espèce humaine et la terre entière, je suis cependant rentré zen et réconcilié avec mon prochain (même s’il est capable de vendre du pain de mie congelé premier prix à 10 $), l’Australie et moi-même. C’était beau de voir tous ces gens de nationalités différentes se photographier, discuter, boire ensemble sans se connaître (on aurait presque dit un apéro du jeudi en louchant un peu) et être ému enfin. Tout ça seulement grâce à une formation rocheuse au milieu de nulle part ou un peu de soleil sur de la pierre. Je sais, il n’y a pas plus convivial et fédérateur qu’une raclette ou qu’une pierrade préhistorique ;-)
Seeya,
Joël Bauduret
BYE BYE MELBOURNE SUITE
août 18th, 2009BYE BYE MELBOURNE
août 17th, 2009BONS BAISERS DE COOBER PEDY
août 16th, 2009Ce n’était rien de le dire. Les choses sérieuses ont bel et bien commencé. C’est extatique que je vous donne des nouvelles en direct de Coober Pedy la lunaire car j’ai cru ne jamais pouvoir y arriver vivant. La première nuit sur la Stuart HWY s’est bien passée si on fait abstraction d’un chauffer de Road Train fou venu me réveiller à pas d’heure (21h30) parce qu’il avait perdu son chien. Enfin je crois que c’était son chien. Au début je croyais que c’était un enfant mais comme il est parti sans je pense que c’était plutôt un chien. Enfin, j’espère… Je trouve que j’ai été très convainquant à montrer que je faisais tout mon possible pour le retrouver aussi alors que je ne savais pas exactement ce qu’on cherchait. Mais ça avait un nom alors… Hager, Egger ou Lager. Passons !
Le lendemain pas de chien à l’horizon mais des émeus kamikazes qui ont essayé de me doubler dans une côte. Après Woomera, c’était trop fort, il y avait une maman émeu qui faisait traverser ses petits. On m’avait raconté seulement et je n’y croyais pas complètement. Le temps de retrouver mon appareil photo que toute la petite famille était déjà loin… C’est quelques kilomètres plus tard qu’un kangourou m’a foncé dedans… Il est sorti de je ne sais trop où et comme pour donner un coup d’épaule ou enfoncer ma portière. La portière n’a rien mais lui était au sol. J’osais pas trop sortir car j’avais peur de tomber sur un kangourou comédien - bandit des grands chemins. Je me suis dit que quand j’allais sortir, dix autres aller me tomber dessus. J’ai donc taillé la route avec le coeur qui battait toujours à tout rompre 50 km plus loin.
Il ne faut pas que j’oublie le principal : la route est sublime et ressemble beaucoup par certains aspects à celle du cargo. En un peu plus minérale par moment. Le bleu fait place au rouge. Et j’ai essuyé ma première tempête la nuit dernière (d’où le bonheur de vous retrouver aujourd’hui) et elle n’était pas moins effrayante et violente que celle que j’ai traversée entre Philadelphia et Savannah. J’étais assez fier de l’endroit que j’avais trouvé pour passer la nuit. iI n’y avait pas trop de charognards. On entendait plein d’insectes amoureux. Pas trop d’herbes avec plein de bêtes dedans. Et le ciel clignotait en tout sens tellement il y avait d’orages ou de feux d’artifice du 15 août tout autour. C’était magnifique. Jusqu’au moment où une bande d’abrutis en 4X4 et Falcon croyant qu’ailleurs Mad Max était encore à la mode vienne faire la fête (boire, vomir et tirer des coups de fusil autour d’un feu) juste à côté de moi. En m’ignorant. Je suis donc rentré dans mon van et comme il faisait déjà nuit depuis trois ou quatre heures je me suis couché avec Monique Canto-Sperber sur les oreilles dans une émission sur l’héorïsation du mal et de la violence au cinéma pour me défouler. ;-)
Je me suis réveillé en plein cauchemar et dans un remake horriblement mal joué des “Cosmocats” où une pyramide - repère d’une momie démoniaque me poursuivant - s’effondrait sur moi. Pendant ce temps, rien de plus normal, des kangourous Olmèques gravissaient les parois extérieures du monument à toute vitesse. La réalité n’était pas moins effrayante : nous étions maintenant au coeur des orages, dans l’oeil du cyclone et en pleine tempête de sable. Le vent soufflait tellement que son bruit rendait sourd. J’avais l’impression que le van était par moment sur deux roues tellement nous étions baladés et secoués. Dehors, c’était comme un tableau de Turner sans lumière. Mes voisins hurlaient toujours. Mais plus par terreur que pour le plaisir de faire du bruit. Un a manqué de se faire trépaner par le couvercle de la poubelle de la rest area. Si je n’avais pas été comme le petit cochon dans la maison en paille j’aurais pu me dire que c’était bien fait. Mais je n’ai pas eu le temps d’être méchant que le buisson d’à côté s’est enflammé. Mes nouveaux amis n’avaient pas pensé bon éteindre leur feu avant de se mettre à l’abri. Les braises s’envolaient incendier toute l’Australie. Pays inflammable si l’en est. J’ai voulu jouer les super héros et sortir éteindre le malheureux buisson ardent qui n’avait pas la carrure pour le rôle. Mais j’ai failli me prendre le reste de la poubelle, son contenu, un arbre, un pneu et moins dangereux mais tout aussi convainquant, un carton à pizza. J’attendais la vache et je vous chantais “Over the rainbow”…
De retour sous la couette j’ai senti toute la poussière du désert se déverser sur ma tête. Le vent hurlait à tout rompre… Puis j’ai dû sans doute m’évanouir d’épouvante avec de la terre ocre plein la bouche, les yeux, le nez et les oreilles. La fin du monde ferait moins peur.
Ce n’est pas le tout j’ai Coober Pedy à finir de visiter et de l’opale à trouver moi les petits gars ! C’est fou quand même ces gens qui vivent dans des terriers… Suis un peu déçu par cette ville qui il est vrai est improbable et martienne comme aucune autre. Mais je ne sais pas, je pensais que ce serait plus… Comment dire ?
Fraggel Rock ?
Gobo
LES CHOSES SÉRIEUSES PEUVENT COMMENCER
août 14th, 2009Port Augusta en August c’est très très bien. C’est l’été en plein hiver sans prévenir ! J’ai retrouvé mon bon vieux coup de soleil permanent qui me barre le visage et me donne cet air d’elk-calf-caribou de Noël inspiré avec nez rouge chantonnant et clignotant selon l’heure du moment - douloureux quand on y touche. Mais un elk-calf-caribou en tongs s’il vous plaît ! Et je peux aussi et enfin rechausser mes lunettes de rock star en liberté tant décriées… Car contrairement aux Australiens qui mettent des Ray-Ban tout le temps (même à l’intérieur, l’hiver et la nuit), j’aime bien voir dans quoi je me cogne et accessoirement, la route quand je conduis.
Après une semaine de pluie vitrifiante et pénétrante (c’est nouveau : Charlie fuit), ce n’est pas rien de commencer un post par un point météo heureux. Ça doit vous faire de belles jambes à vous qui êtes en été pour de vrai. On ne peut pas non plus avoir une grenouille pourrie dans sa vie toutes les semaines ;-). Bref, Port Augusta est vraiment un endroit sublime, au croisement de la mer, du bush, du désert et des Flinders Ranges où j’ai dormi tel hibernatus la nuit dernière dans un endroit incroyable mais je n’ai pas le temps de vous raconter (décidément de plus en plus passionnant ce blog). Les nuits sont comme qui dirait, plutôt fraîches ou vivifiantes (c’est selon et ça fait circuler le sang). Aussi, j’ai eu l’idée folle de louer un vélo avant-hier pour faire le Riesling trail de bout en bout et mon intéressant. Je ne suis plus qu’une crampe aujourd’hui.
Je disais donc que toutes les routes importantes d’Australie se croisent ici. Une fois n’est pas coutume, on a l’impression d’être enfin quelque part. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas la foule pour autant. Je pensais qu’il serait facile de ce faire de nouveaux compagnons en chemin. Que des coéquipiers comme par exemple Camille et Matthieu :-p ça se trouvait n’importe où… Et bah non ! Je commence à croire qu’ils étaient uniques !!! Depuis que j’ai quitté Melboune, pas un chat… Le loueur de vélo de torture m’a confirmé que le backpaker à déjà migré au nord depuis belle lurette en cette saison, et que j’ai l’air d’un moineau perdu ou d’un cigogneau anticonformiste, sinon retardataire (définitivement plus retardataire qu’anticonformiste quant il m’a vu mettre mes bateaux pour faire du vélo) à faire le touriste.
Ce billet part dans tous les sens. Je voulais seulement vous dire que tout allait toujours bien pour moi. Que l’aventure est terrible. Le temps de faire une petite balade sur le port pour voir si les méduses clignotantes de la dernière fois avec Cyril sont toujours là, une lessive de chaussettes propres pour la nuit prochaine, aller sur internet (j’y suis) et faire deux, trois courses, le plein d’eau (80L) et hop je prends la route des grands, celle de l’outback des tarzans. Ça fait bizarre de se dire que les choses sérieuses commencent vraiment les petits gars !
Autrement, The Great Ocean Road, Adelaide et the Clare Valley c’était génial. Pluvieux, mais chouette comme tout. La deuxième fois, on voit plein de trucs qu’on ne voit pas la première. J’ai vu mes premiers koalas en liberté !!! (moyennement sympa comme bête) et des baleines très loin (enfin je crois que c’était une baleine). Je vais essayer de vous mettre quelques photos en ligne mais je ne suis pas trop certain de pouvoir car en plus des horaires compliqués, ils ont changé les conditions d’accès à ce que voit sur la pancarte devant moi. 30 Mo per day ! C’est quoi ce travail ? Comment peut-on avoir un blog de pro dans ces conditions d’amateurs ! Quand on sait que j’étais à 1 Go quotidien chez Francine et David… En faisant attention :-) Puisque c’est comme ça ! Je me casse…
Seeya
William Christie Gosse
P.-S. Photo non contractuelle : The Great Ocean Road (Apollo Bay, je crois)













